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E' v'avvingu in eu li pedi, E v'allisciu in eu li mhni. Erati lu me' maritu Erati lu me' spiràni. O lu me' Pélru Francéscu, Principiu di li mé nihli! Vous étiez ma fleur. Ma rose sans épines; Vous étiez mon orgueil Des monts jusqu'à la mer!

Je vous enlace avec les pieds, Je vous caresse avec mes mains; Vous étiez mon mari, Vous étiez mon espérance, O mon Pétru-Francéscu, Source de mes douleurs!

Lu me' cipressu frundiitu La me' ùva muscatèlla, La me' pasta inzùcchèrhta La me' manna dolci e bélla. O Grisciô, la me' figliôla, Veni qui duv' è babàni ; Dilli tu ch'in Pàràdisu Par te Diu vôglia prigàni, Chi tu àbbi migliô sorti Chi nun ha la tù mammàni.

Erati la me' cùlônna Erati lu me' puntéllu: Erati la me' grandèzza; Erati lu me' fratéllu! La me' perla orientali Lu me' tisôru più béllu 1 — 5 — mon navire en pleine mer, Qui bientôt va débarquer!

Mais la bourrasque est venue Et il ne peut gagner le port; Avec ses beaux trésors Il s'en va donc faire naufrage! O mon cyprès touffu, Mon raisin muscat, Ma p3te sucrée, Manne bonne et douce! Oh 1 pour moi quel coup fatal, Et pour Grisciola, mon étoile! Grisciola, ma HUe, Viens ici où est ton père.

Dis-lui que dans le Paradis Il veuille prier Dieu pour toi, Et qu'il te donne un sort meilleur Que celui de ta mère Vous étiez ma colonne. Vous étiez mon soutien, Vous étiez ma grandeur.

Vous étiez mon frère. Mon trésor le plus beau! Lu me' piàttu signùrili, Ma colmu di lu me' dolu! Lu me' ogliu distillàtu, Lu me' spiritu di vinu, Lu me' facci dilîcàtu, Mischiàtu di làtti e vinu! Lu me' vetru rilucenti Lu me' specchiu di cuntinu! Prima chi lu vùstri nùmi Mi vciglia dimeniicàni, Vôgliu chi li me' du' ôcchj Tôrninu dui funtàni: Eo lu me' Pétru F'rancèscu Sempre lu vôgliu chiàmàni.

Fors' allôra lu me' côri Di dolu si cripària, E la me' aima mischina In cun vôi si n'andèrîa, Ed a quîstu mondu e a quillu Cuntenta si ne staria! Mon verre en argent Ciselé tout en or!

Mon plat seigneurial, Mais tout rempli de mon Jeuil! Mon huile distillée, Mon esprit de vin, Ma face délicate Pétrie de vin et de lait; Ma glace luisante Où toujours je me mirais! Avant que voire nom J'oublie, Je veux que mes deux yeux Se changent en deux fontaines..

Mon Péiru-Francèscu, Je veux l'appeler toujours! Et mon âme infortunée s'envolera Vers la vôtre. Erati la me' grandèzza ; Quillu chi mi stàva a làtu! La me' arma vïùlenti, La me' spàda sopraffina, Oh li me' tristi talenti, La me' ùltima ruina! Vo' parïati a li me' ôcchj Una vêla a la marina, M'éra attàcchta a li vôti Per francàbi da la mùrti Ma, lu me' Pétru Francéscu, E' nun ci àghiu avùtu sorti Lu me' grandi di curiigghiu, Rispèttu di li me' tùrti 1 La me' midîcîna ràra, Lu me' incensu tùttu adôri!

Oh 1 li me' dànni fatàli, Ma fàtti da lu Signori 1 Oh li me' piàghi murtàli, Che mi strhppanu u me' côri! O ma fine parure Toute brodée d'or, Vous étiez ma splendeur. Et vous restiez à mes côtés! Mon arme violente, Mon épée surfine! O ma triste destinée, O ma dernière ruine! Vous sembliez à mes yeux Comme une voile en pleine mer! Mais, mon cher Pétru-Francèscu, Je n'ai pas eu de bonheur O mon grand de courage Qui redressiez mes torts! O ma médecine rare, Mon encens tout odorant!

O ma ruine fatale Mais causée par le Seigneur! Quista è l'ùnica splrànza Chi cunsôla lu me' côri. Afin de faciliter la lecture et la prononciation exactes du texte corse de ces voceri, voici quelques indications qui ne seront peut être pas inutiles pour le lecteur.

Toutes les voyelles se pro- noncent comme en italien. Mon oiseau distingué, Je ne m'abriterai plus Sous votre menton! C'est l'unique espérance Qui console mon âme l voyelle doit se prononcer comme dans les vo- cables français bonté, charité, vérité; il a été mis sur Vo quand un doit dire au: O fidsiô se slésu in tôu. Ex, Appàrkchiàt' è la tôia. Nun se vista mai indôcu Una cosa cussi trista: Ho persu fratéllu e bàbbu Sôlu in nu mési di màghiu! Gommé su tint' é niédra Quista côsa nun crîdia.

Nulle part on n'a jamais vu Une chose aussi cruelle; J'ai perdu mon frère et mon père Dans le seul mois de mai! Je ne pouvais croire cette chose! La colonne s'est brisée A peine arrivée de Bastia ; Et moi je reste, la pauvre.

Pour passer le temps en fête! O parchi éra surlîtu Di lu sô bughiu tafônu ' 1 O babbà babbu lu méu, In Pàràdisu potenti, T'ho da fà una dummanda, Nun mi ricusà nienti, Un sô é' la tô fiddôla? O babbà fammi tu môra! Sta mattîna, riposendu, Dolci sognu m'è arrivàtu Vidia fratéllu Antônu: Nun ti làgàrèmmu sola, Chi farist' in quistu mondu? Puissant au Paradis ; Je vais te faire une demande, Ne me refuse rien, Ne suis-je pas ta fille? Ce matin, en me reposant. J'ai eu un doux rêve.

Je voyais mon frère Antoine Descendre sur terre une couronne en tête. Que ferais-tu en ce monde? O si ghié fùssi a dumàni, Fors'anché' saria morta! C'est ainsi qu'une jeune enfant s'écrie en pleu- rant sur le corps de son père assassiné: Di lu vostru saiigue, o vabu, Bogliu tinghieini un mandile Lu mi vogliu mette a collu Quaiidu avrachiu oziu di ride!

De votre sang, ô mon père! J'ouvrirai la fenêtre, Et I ouvrirai la porte. Cette pauvre oipheline est seule, désespérée sur la terre; son frère descend du ciel la couronne des élus sur la tête, et lui promet que ses tourments vont finir. O si ghié fussi a dumani Fors' anche saria monta! Un songe pareil se trouve dans un autre Vo- cero, et quoiqu'il ne puisse venir à l'esprit de personne de comparer ces deux lamentations, je pense qu'il ne sera peut-être pas inutile de donner ici un extrait de la complainte: Mi slracciai faccia e capelli E riii scappo lo sudore; Lagrinie non ne comparve Pareil' era chiuso lo core, Era stretto corne un pogno Da la forza del dolore.

Vegliat' 1 0 tutta la nolte Per farmi una compagnia, — 19 — Appeiia comparsa l'alba Noi ci siuiiiu ineiibi in via Giuiigo e veggo Via alzatevi cli'i tempo, E diteci qualche cou! Je me déchirai le visage, je m'arrachai les che- veux cl une sueur froide m'inonda tout eniicre. J'ai veillé toute la nuit pour trouver une com- pagnie; et à peine l'aube a-t-elle paru nous nous sommes mis en route.

J'arrive et je vois Je trouve mon beau-frCre qui dort dehors et se repose Au moins montrez-vous en rêve, ainsi que l'autre nuit se présenta mon mari. Il m'appela et me dit: O fiddô, quand'é cridia, Di purtàtti in chiéscia spùsa ' In îàrra purtà ti vigu Cun mùsica dùlùrôsa, Commu cantani li préti, Dies illa Làcriinôsa! LK O ma fille h la taille fine, Et au large front!

O mon lys des champs! Toi qui as le parfum de la rose. Ornement de ta mère, Accomplie en toutes choses! Comme celle que chantent les prêtres: T'emmu da purtà 'n'Orèzza: Aujourd'hui je te trouve les mains jointes! Je veux t'enfermer dans ma chambre Au moyen d'une serrure française; Les gens ici présents Ne te trahiront pas.

O pompeuse de ta mère, Ornement de notre pays! Madame Buttafùcu Mademoiselle Ciaccaldi, Soulevez-lui la tète, Soulevez-lui les épaules, Et puis, faites-lui savoir Que les chevaux sont prêts. Nous allons te conduire à Orezza: Là est le cimetière Où est enseveli ton père. Qui déjà y repose avant toi ; Nous allons te mettre à côté de lui.

T'avia fatt 'una ghirlanda Tantu bèdda, e tant 'onesta, Quand'! Undi va la mé Chiarina ", O chi neru e tristu lôcu "! Culà mai nun esci sôli, Ne vi s'accendi ma' fôcu ; E pinsendu a te culà Quai sarà qui lu mé sfôcu! Nous allons te mettre là-dessus.

Parfum de ta mère! Je t'avais fait une guirlande, Si belle et si brillante, Que j'avais réservée Pour le jour de tes noces; Et tu veux la porter aujourd'hui, O ma splendeur! Là où tu vas, ma Chiarina, C'est un noir et triste lieu ; Le soleil n'y luit jamais, On n'y allume point de feu ; En pensant que tu es là Quel bonheur pourrai-je trouver? Queuta, bien faite, faite au tour, et, par extension, accomplie. Cliiéscia, ou ghiésia jiésa, ghiésa, chiésa, église, suivant les différentes localités.

Ce mot, à lui seul fait tableau: Il si- gnifie aussi accablé de douleur. Enfin, au sens propre il se traduit par appuyé: Sarradùra francési ; serruvc solide, fermant à double tour, par opposition aux serrures qu'on fabriquait autrefois à Orezza et que l'on pouvait ouvrir de la main et sans clef. Dicor' poar decoro, ornement, joie, triomphe, orgueil Ainsi les fils de Cornélie étaient lu dicoru, la joie, le triomphe, l'ornement, l'orgueil de leur mère.

Il pa- raît que la jeune fille était morte loia de sa fa- mille, chez une tante; c'est pour cela qu'on de- vait la conduire à Orezza, son pays natal, pour y cire inhumée dans le cimetière où déjà reposait son pèle.

Nun veJi le to cumpagne? Per le sa cuti amurose. E tu ti ne boit anJà Dent ru di la cascia chiosa! Chiarina, vezzeggiativo du nom de CJaire. Ce serait une erreur de le penser; les Corses croient à l'immortalité de l'âme et à un lieu de délices où vont, après cette vie, les esprits purs comme l'e'iait sans doute celui de Chiarina. Quant à l'horrible trou noir, triste et froid, il n'est destiné qu'au corps. C'est-là que la jeune hlle, c'est-à-dire la beauté, la fraîcheur, la jeunesse, devait aller habiter pour jamais.

Este dettu lu rusàriu ', E mi sonu ripusàta; Sonu junte le Signera Qui per bède a miô spusàta. O Chili, càra di mamma, La miô vèlla e spimpillàta!

O più bianca di la nève! O più scèlta di lu rîsu! Vous avez dit le rosaire Et je me suis reposée: O plus blanche que la neige, O plus choisie que le riz!

Oh culomba di mattina! Nun si desta più stamàne A miù vôna e paladina. So finite tutte ùghie Le vunèzze di Chilina. Ella un mi mandava a legne, A mulinu, ne a funtàna ; Perché a me la miù figliôla Mi tenîva da piuvàna. L'ha levàta da stu mondu Or la morte subitàna.

Ce matin il ne se lève pas Mon vaillant paladin: Elles soDC toutes linies aujourd'hui Les bontés de Chilina Elle ne m'envoyait ni au bois, Ni au moulin, ni ù la fontaine, Parce que ma tille Me considérait comme un Piévan. Elle a été enlevée de ce monde. Aujourd'hui, par une mort subite. Car je lui envoie une compagne! Tu nun anderài più a messa, A rusàriu, ne a duttrîna. O Chili, càra di mamma, A miô vella e paladina.

Oh quantu chi mi dispiace Chi mi lechi dummatina! Una donna entrando nella sala ov'è la defiinta. Chi le pùbbliche su fàtte E pront è la cavalcàta '. Un ti movi, un dici nunda, Ed a nimmu più nun bèdi? T'hànu lihtu ie mani: Le soleil n'y parait jamais Et l'on n'y allume point de feu!

O Chili, chérie de ta mère, Je ne te verrai jamais nulle part Tu n'iras plus à la messe. Tu ne bouges pas, tu ne dis rien, Tu ne vois plus personne? On t'a lié les mains, i — 36 - T'hànu liàtu li pédi: Disciùglimmuli, o surélle; Ch'ella merchia bulintéri! Zitta, zitla, o Maddalè Ch'éo li vogliu fa una chiàmma ; Ella rispùnderà a me, Forse più ch'a la sô màmma: Chi pienghiendu a lu so càpu Cusî dulente si làgna. Le premier vers de ce Vocero nous montre que les lamentations funèbres commençaient quelquefois après la récitation du rosaire.

Un mort couché sur son lit funèbre et entouré de pleureuses, forme la bara. C'est à peu près la niême signification quecata- letto et catraletta. Incontrar la bara, rencontrer un mort que l'on transporte sur la civière. Cela dit aussi en parlant des revenants. Tais-toi, tais-toi, Madeleine, Je veux lui faire une demande; Peut-être me répondra-t-elle De préférence à sa mère Qui pleure à son chevet Et qui se plaint avec tant de douleur!

Le troisième et le quatrième vers de celte Strophe n'ont pas été littéralement rendus. La femme qui file tient la quenouille; de la main gauche elle tire la filasse en l'humectant avec de la salive et de la droite elle tord le fil en faisant tourner le fuseau.

Chiliiia est donc vantée par sa mère à cause de son agilité à tirer la curaia et à faire ïincrocca. Ces deux fu- nèbres complaintes sont dignes de se compléter réciproquement.

On n'y trouve pas d'eau; jamais l'herbe n'y croît. Si tu as faim, tu n'y manges pas, si tu as soif, tu n'y peux boire; et quand tu veux som- meiller, tu n'y dots pas ton soûl. Reste dans ta maison, reste avec tes parents, ma fille. Je me suis mariée hier; hier dans. Les parenis et ks amis des mariés moulent à cheval: Celui qui l'a gagné marche à ses côtés, lier et orgueilleux, plus satisfait de lui-même que ne doit l'être un gé- néral qui vient de remporter une grande victoire.

Du temps des vieilles grand'mères, c'étaient des fuseaux qu'on attachait au freno, aujourd'hui les fuseaux ont disparu Alors aussi, par un sentiment de convenance, on laissait à un pa- rent de l'époux l'honneur de gagner le vanto. Dans un autre Vocero, au moins aussi poétique que celui de la mère de Chilina, nous trouvons admirablement développée cette idée de noces et de mariage qui vient, comme une insulte à la dou- leur, se présenter à l'esprit au moment où la han- cée, déjà froide, est étendue dans son cercueil.

Nous ne pouvons résister au plaisir de donner ici cette touchante lamentation. Nos lecteurs ne la trouvciont pas sans doute trop longue. Per solennizzar le nozze AIl'usu dei Parigini. Or sigliate li cavalli, O signori, ecavalcate — Ma io non ci vedo in piazza Clic tre tavole inchiodate, Tutte arricintc di neru Insolitu aile spusate.

Signori, quest' è la strada Che va in San Michèle piaiia Dove andar dcve la sposa. Dicenu che la dispensa Ch'ella sia ghiunta da Roma: Ma lu sciô Don Vincenzo E in salottu che si tomba. Che se ne parte per sempre Stamane la sua colomba! Or volitene colla O signoruccia, a la messa? Oh quantu chi ponnu piange Chelli che vanno aile porte!

Le mani délia Cariti. Oggi son légale a morte. V'ersapeia non è morta, Che l'abbiamu qui viciuu, Ch'è nella sua stanza appianu Che scrive sul tavohnu.

E s'ella non legge e scrive Sonera di violiau! Versapeia non è inorta, lu m'ingannu e facciu errore, Cbe è nella sua stanza appianu Co la mainma chi discorrr, Cta'ella li voli spiegi Ciocchè sente nel suo core! Aujourd'hui sont arrivés les Serrinchi et tous vos cousins de Zuani; ils veulent célébrer vos noces à l'instar des Parisiens. Allons, sellez les chevaux, messieurs, et chevauchez Mais sur la place je ne vois que trois planches clouées, elles sont entourées de noir et peu communes aux épousées.

Messieurs, voilà le chemin qui conduit à Saint- Michel de la plaine où. Ma belle demoiselle, voulez-vous venir à la messe? Déjà le courrier est parti; il porte une soucoupe toute pleine des clefs de la maison. Signora Versapeia recevez-le courtoisement, remeri-iez le courrier qui en vos mains les a re- mises, car, voyez-vous, ce sont des choses que l'on ne fait pas tous les mois Oh! Non, Versapeia n'est pas morte, nous l'avons i côté de nous, elle est dans sa plus belle chambre.

Et si elle ne lit ni écrit, bientôt elle jouera du violon. Versapeia n'est pas morte, je me trompe et fais erreur; elle est dans sa belle chambre cau- sant avec sa mère. Maintenant elle est descendue sur la place, véiue de percale; elle porte un voile noir Sur la place sont les chevaux et l'escorte est toute préie , ma belle, on veut vous portera Ilastia. Questa màne se' dicisa Di far l'ùllima partanza! O Marie, chérie de ta mère! Tu étais mon soutien, Tu étais de ton père Le parfum et l'espérance; Ce matin tu t'es décidée A faire le dernier voyage!

O Morte cusl crudéle Di spéranza m'hai privàtu: T'hai pigliàtu lu mio fiôre, Lu miô pegnu tantu amàtu Questa màne lu miô côre Mi l'hai cusi addispéràtu! E quai' è chi reggerà O figliôla, a tanta pèna? Chi mi manca lu respîru, Toglier mi sentu l'alèna Or non vèdi tutte quante Le to cumpàgne fidàte, Chi su qui d'intornu a te Cusi meste e dispe'ràte?

Via rispondili una volta, E rendile cunsulàte. Amandula inzuccheràta, Oghie amàra cùme fêle! Tu m'as enlevé tout espoir! Tu m'as ravi ma fleur, Mon joyau tant aimé! Allons, lève-toi, réponds-leur Pour les consoler! O bonne comme le pain, O douce comme le miel! Ne voyez-vous pas ce matin Comme elle est devenue cruelle? Elle a dans ses yeux l'amertume du fiel! Méttiti lu tô vestitu, Gara di mamma o Maria; Vedi chi su tùtte qui, Ti volenu in cumpagnia, Chi tu vàdi a senta mèssa Nella chiésa a Sant' Elia Una cumpagna di la morta rispondi Bulèmu falà alla messa, Or che l'altàre è paràtu Di cirôni di candélé ', E di neru circundàtu.

Perché u vabu la sô dota Questa màne l'a stimàtu. Questa màne alla parocchia Ci ha da esse un bellu véde: C'è la dota di Maria Di cirùni e di candèle Un' altra cumpagna. O signera, u vostru maie Ko cunôscelu vurria: Une compagne de Ij morte répond j: Nous voulons aller à la messe: Déjà l'autel est paré De grands cierges et de bougies. Et tendu de noir! Car son père, ce malin, Vient d'évaluer sa dot. Ce matin, dans l'église paroissiale On verra un beau spectacle ; La dot de Marie Convertie en grands et petits cierges.

Une autre amie parlant à la morte. Ma chère, votre mal Je voudrais le connaître. Est-ce la fièvre Ou la phtisie? Duve mai l'ete pigliàta Voi la Morte, o mia signera? Sempre stàvate in carréga, O usciate a spàssu fùra ; Ed a vùi la vôstra mamma Nun vi facia mette tôla, Ripiglia la mamma. O Mari, cara di mamma, Chi mi crêpa lu miù côrel Le tô dôdeci strapunte - 5i — Serait-ce un mal Qu'on ne connaissait pas autrefois? Où donc avez-vous rencontré La Mort, ô mon amie?

Car vous restiez sur une chaise Et ne sortiez qu'à la promenade. Votre mère Ne vous faisait même pas mettre la table t La mère reprend. Ce matin, à Saint Elie Je présenterai une belle fleur; Je lui offrirai un beau bouquet Tout chargé d'ornements. Je pense qu'un semblable cadeau Le rendra content. Nun ci resta più nisùnu Ne fratéili, né surélle! Duve si ne sôno andàte Le tô guance culurite, Ch'èranu culor di rôsa Ed or sonu impallidite? Morte, fàmmiti venire, E fa ch'ella sia finita: Ch'eo ti prègu per pietà Chi tu mi tolga la vita, Chi stamàne io mi ne vàda Cu la miô figliôla unita.

Lu pae'se di la Pe'tra Stamàne è in cunfusiône: Piènghiènu dirottamente Tutte quante le persùne ; E tu càra di la màmma Ne si tùtta la caoione. Car il ne reste plus personne.. Que sont devenues Tes joues colorées Qui avaient l'éclat de la rose, Maintenant toutes pâlies? O Mort, appelle-moi, Fais cesser mes tourments; Par pitié, je t'en supplie, Ote-moi la vie. Afin que ce matin je m'en aille Unie à ma fille! Le village de la Pietra Ce matin est tout en deuil ; Chacun pleure A chaudes larmes; Chérie de ta mère, C'est toi qui en es la cause!

Per te s6 cusi amurose, Chi ti làvanu lu visu Di làgrime dulurùse ; E tu le v61i lascià Cusi meste ed affannùse! Chi è 'ndàta a cùglie li fiôri ; E chi a piglià la rusa: Ti tessono la ghirlanda Per curunatti da spôsa: E tu te ni bôli andà Dentru di la cascia chiôsa!

Quandu tu sortie di casa Tu spargèvi moltu odôre Cu li tô vùni costùmi, Chi lampàvanu splendùre. La Morte ti s'ha pigliàtu In lu tô più bellu fiôre. Quantu ci sera suspiri, Oh quantu ci sera pienti, Quand' èlli la senterànu Tutti li nostri parenti! Elles t'aiment tant Qu'elles lavent ta figure De leurs larmes douloureuses; Dis-moi, veux-tu les laisser Dans la tristesse et les angoisses?

La Mort t'a'prise Dans ton plus beau printemps! Que de soupirs il y aura, Et combien on répandra de larmes Quand la triste nouvelle Arrivera à tous nos parents! Sarà ricevùta in Célu Stamàne cun tant' onùre. Or eo vurria falà Cun tutte a lu campu santu: Ma nun ci possu arriva Ghi nun pôssu règhie a tantu: Sôlu ti vùgliu manda Dair occhj un fiùme di piantu ou -5; - Mais ne la pleurons plus, Cessions de nous abandonner à Ip douleur, Car Mariuccia Est maintenant l'épouse du Seigneur; Elle sera reçue dans le ciel Ce matin, avec beaucoup d'honneurs.

Je voudrais descendre Avec tout le monde au cimetière ; Mais je ne puis y arriver Car la force me manque. Seulement, je veux l'accompagner Ma fille avec un torrent de larmes! Quand une jeune fiile vient à mourir on l'habille tout de blanc, en mariée, une couronne de fleurs sur la tête et un bouquet dans les mains.

Comme en général la bouche reste ouverte on la ferme avec un ruban qui passe sous le menton et vient se nouer derrière la tête. La pauvre mère rappelle toutes les bontés el toute la douceur de sa fille; puis, tout à coup: Astorre Pellegrini donne la traduction italienne d'un myriologue des Grecs de Cargèse Corse dans lequel une autre mère se plaint à peu près de la même façon. Cette lamentation est si douce, si triste, si poétique, que nous ne pouvons nous empêcher d'en citer au moins une partie: Una tortorella educai tra le carezze allevata, E dopo che l'ebbi educata l'avea resa domestica.

Nella gabbia la chiusi, la tenni serrata a chiave, E si rovesciô la gabbia e fuggi la tortorella! Mi avele biuciato le labbra cou uove bicchieri di velcito. Le signe de la consiJéraiion que l'on a pour une personne qui vient de mourir, consiste dans les funérailles qu'on lui fait, c'est-à-dire dans le nombre de prêtres que l'on invite à renicrrement.

Ainsi, afin de faire honneur à sa tille, la seule qui lui restât de tous ses enfants, le père de Maria faisait brû- ler autour de son corps la valeur de sa dot. Sur le continent on brûle un cierge ; en Corse on ofl're au saint ou à la sainte, dont on veut se concilier la protection, un bouquet de fleurs; plus l'ofiVande est riche, plus le saint est censé content. Quelle otYrande plus précieuse pouvait- elle faire à saint Elie, la pauvre mère, que de lui offrir sa filie unique?

Mais si elle l'oflrait, c'était afin que le saint la prît sous son égide et l'in- troduisit dans le Paradis. C'est à la Mort que l'on s'en prend en cas de malheur; c'est sur Elle que pleuvent toutes les imprécations — sans qu'elle s'en porte plus mal.

Jamais on n'en a vu: Ma porte est fermée, Mon feu est éteint, Malheureuse! Ma cabane est sapée! Les larmes ne tuent pas. Les sanglots ne font pas mourir! Eri tu la mé spiranza O lu mé corci' urfanéddu ; Ed ancu tu mi ti làssi! E mori cussi zitéddu! Ugni ïornu tu criscii, Ed eïu mi raligràva, Aval, àghiu d'andà sôla Appress' a li mé agnédda, Dispiràta pa li lôca, La mé furtùna niédda!

O quantu mi n'ha p6 fàttu La làtra di Pidanédda! Tu étais mon espoir O mon pauvre orphelin, Ht maintenant tu m'abandonnes! Kt lu meurs si jeune! Quand ton père mourut. Avec toi dans les bras je m'en allais Pleurant par les maquis; Mais je te regardais sans cesse, Tu grandissais tous les jours. Et alors je me réjouissais. Maintenant, seule, Je suivrai mes brebis. Désespérée, par les campagnes, O ma triste destinée! Ohimmé, la mé svintùra! O fiddô, t'àghiu da piegna Finchi la mé vita dura!..

Nun àghiu ma cunnisciùtu Altru che turmentu é dolu ; Primma persi lu t6 bàbbu Aval tu, lu mé fiddôlu Ti vurrïa fa ônôri, Ma nun c'é manc' un linzôlu! Dundé te nun c'é vinùtu Médicu ne spiziàli, Chi sô trôppu puarédda E nun c'éra da pagàli: O lu mé tint' urfanéddu, Tu nascisti sfurtunàtu; Ma quandu da stu ziddùnu " Tu ti ni saré andàtu, Ci vôddu mètta lu fôcu E nun lassàci saràtu M - 67 - Hclas!

O mon rtls, je vais te pleurer Tous les jours de ma vie! Je n'ai jamais connu Que tourments et deuil: D'abord j'ai perdu ton père, Maintenant c'est toi, mon enfant..

Je voudrais te faire honneur, Mais je n'ai même pas un linceul! Il n'est venu chez toi Ni médecin ni apothicaire, Car je suis trop pauvre Et ne pouvais les payer. Tu es mort par défaut de soins. Et c'est cela qui accroît mes peines! O mon pauvre orphelin, Tu naquis malheureux! Mais lorsque de ce foyer Tu seras parti Je veux y mettre le feu Et n'y rien laisser!

Ma fors' é la mé furtùna, Li briôna nimmu senti ; T'àghiu da suttarrà sôla, Ohimmé li mé turmenti! Prîmma prési lu mé ùmmu, Ed aval quiss' urfanéddu, Senz' avé fàttu piccàtu Ch'ér 'ancu trôppu zitéddu! Culà sott' air arbitrônu, Aghiu da fà la tô fôssa, Rasfichendu a forsa d'ùgna Da par mé — bàsta ch 'é pôssa! Parchi stian' a lu friscu, O Dumé, li tô tint' ùssa 1 J'ai fait retentir la valle'e En criant: A mon aide, bonnes gens! Mais, c'est peut-être ma destinée.

Personne n'a entendu mes cris; C'est donc seule que je vais t'entcrrer! D'abord il a pris mon mari, Et maintenant cet orphelin. Sans qu'il ait commis un péché, Car il était trop jeune. Or, maintenant appelez-moi mon Dieu , Appelez Pidiola et Lionu, Faites qu'il ne reste plus rien Dans ces murs délabrés.

Et que l'on oublie à jamais Le nom de cette cabane infortunée! Là, sous le vieil arbousier. Je veux creuser ta fosse En grattant la terre de mes ongles. Toute seule, pourvu que j'en aie la force! Afin que tes malheureux ossements Soient à l'ombre, ô mon cher Dominique!

Vodd' andà sempri bilendu Comme pécura smarrha, Sempri chiammend' 6 Dumè! Noms de deux chiens, les seuls amis de la bergère.

Supra ou sopra la iôla, sur le lit funèbre, ou, simplement, étendu mort. Larmiendu, versant des larmes sans élever la voix. Et pleurant et la nuit et le jour Comme la femme repentie! Corda ou cunia ou encore tinta, U pauvre! Ces noms ont un masculin et un pluriel. Dans le cas qui nous occupe, Cette expression signitîc faute de moyens pour le faire soigner; mais, dans U plupart des circons- tances, manca cura est l'équivalent de négligence.

Avant on appelait ainsi la re- devance de deux, trois ou quatre de'calitrcs de blé que chaque famille payait au prêtre du vil- lage, en dehors des dîmes et des prémices. Moyennant cette charge, le curé devait donner, en retour, des croix en feuilles de palmier le jour des Rameaux, crocettej un cierge convena- ble à la Chandeleur et faire la levée du corps en cas de mort. Le saratu était considéré comme chose sacrée, et le chef de famille qui n'aurait eu que deux boisseaux de blé se serait cru tenu de les donner à son curé dussent ses enfants mourir de faim.

Aussi, après la moisson, la première mesure que l'on prélevait sur la ré- colte était le saratu; les prémices, la dîme et toute la suite des langar'ii ne venaient qu'après. Et si je ne reviens pas, bonne nuit.

Il referme le judas. On le tient pour un homme charitable. Père Guardiano et Fra Melitone entrent. E questi santi soli han da saperli! Noi siamo tanti cavoli Et il n'y a que ces saints qui doivent les connaître!

Nous sommes trop sots, nous autres Il rentre dans le couvent. LEONORA Infelice, delusa, rejetta, dalla terra e dal ciel maledetta, che nel pianto prostratavi al piede, di sottrarla all'inferno vi chiede. Leonora s'inginocchia ai piedi della croce, la bacia, poi ritorna, un po' confortata, dal Padre Guardiano. Approchez-vous, confiante, de la croix, et là, la voix du ciel vous inspirera.

Leonora s'agenouille au pied de la croit l'embrasse, puis s'adresse au Père Guardiano. Je ne me sens plus persécutée più non provo farmi guerra L'ombre immobile de mon père ne se dresse plus, toute sanglante, et je n'entend, plus sa voix terrible maudire sa fille. Vous, qui êtes si jeune, vous vous en repentiriez d'autant plus amèrement.

Chi immutabil farvi il core? È questo il porto. Chi tal conforto mi toglierà? Qui peut lire dans l'avenir? Non, Si vous chassez celle qui se repent je m'en irai, appelant les rochers à mon aide, demandant asile aux montagnes et pitance aux forêts, et les bêtes sauvages elles-mêmes auront pitié.

Ah oui, j'ai entendu ici la voix du ciel: Voici mon refuge ; qui pourrait m'arracher ce réconfort? Il Tuo voler si compirà! È fermo il voto? Tra le rupi è uno speco; ivi starete. Sull'alba il piede all'eremo solinga volgerete; ma pria dal pane angelico conforto all'alma avrete. Vous êtes bien décidée? Parmi les rochers, il y a une grotte ; c'est là que vous vivrez.

Près d'une fontaine, je déposerai moi-même chaque semaine, votre maigre pitance. Dès l'aube, vous vous dirigerez seule, vers l'ermitage: Le sante lane a cingere ite, e sia forte il cor, ah! Entra nel convento, e ne ritorna subito portando un abito da Francescano che presenta a Leonora.

Grazie o Signor, grazie o Signor. La gran porta della chiesa si apre. Di fronte vedesi l'altar maggiore illuminato. Dai lati del coro procedono due lunghe file di Frati con ceri ardenti. Più tardi il Padre Guardiano precede Leonora in abito da frate; egli la conduce fuor della chiesa; i frati gli si schierano intorno. Leonora si prostra innanzi a lui, che stendendo solennemente le mani sopra il suo capo intuona: Le Seigneur vous aidera à vous maintenir dans cette nouvelle voie.

Il entre dans le couvent et revient en portant un habit de moine qu'il donne à Leonora. Oh, joie inégalable, me voici à nouveau bénite! Je sens désormais renaître en moi une nouvelle vie de l'âme Ils entrent dans le couvent. La porte principale de l'église s'ouvre. Au fond, on aperçoit le maître-autel tout illuminé.

Puis Père Guardiano, précédant Leonora en robe de moine. Leonora se prosterne devant lui et il étend solennellement la main au-dessus de sa tête, en chantant: V'è noto il loco? Nous lui ouvrons la sainte grotte Il cielo, il cielo fulmini, incenerisca, l'empio mortale se tanto ardisca; su lui scatenisi ogni elemento, l'immonda cenere ne sperda il vento.

Alcun vivente più non vedrete. Dello speco il bronzo ne avverta se periglio vi sovrasti, o, per voi giunto sia l'estremo giorno A confortarvi l'alma volerem, pria che a Dio faccia ritorno. Leonora bacia la mano al Padre Guardiano, e si dirige sola verso lo speco dell'eremita. I frati, spente le candele, si ritirano in chiesa. Il Padre Guardiano si ferma alla porta e, aprendo le braccia nella direzione dove Leonora è appena scomparsa, la benedice.

Que la foudre du ciel réduise en cendres l'odieux mortel qui aura cette audace ; que sur lui se déchaînent tous les éléments Vous ne verrez plus jamais aucun être vivant. La cloche de la grotte nous avertira si un péril vous menace, ou si votre dernière heure est arrivée Nous viendrons aussitôt réconforter votre âme, avant qu'elle ne retourne à Dieu.

Leonora embrasse la main du Père Guardiano, et se met en route, seule, vers l'ermitage. Les moines éteignent les cierges et rentrent dans l'église en même ordre. Le Père Supérieur s'arrête à la porte et étendant les bras après Leonora, la bénit.

Don Alvaro in uniforme di capitano spagnuolo dei Granatieri del Re si avanza lentamente dal fondo. Si sentono voci interne a destra. CORO Attenti al gioco, attenti, attenti al gioco, attenti Oh, notte ch'ogni ben mi rapisti!

Il fait nuit noire. Don Alvaro en uniforme de capitaine des grenadiers du roi d'Espagne, s'avance lentement par le fond. On entend des voix en coulisse. J'appelle en vain la mort!

Oh, nuit qui m'a tout ravi. Je serai éternellement malheureux, c'est écrit. In un carcere nacqui; m'educava il deserto; sol vivo perché ignota è mia regale stirpe! Oh, quando fine avran le mie sventure!

O tu che in seno agli angeli eternamente pura, salisti bella incolume dalla mortal jattura, non iscordar di volger lo sguardo a me tapino, che senza nome ed esule, in odio del destino, chiedo anelando, ahi, misero, la morte d'incontrar.

Leonora mia, soccorrimi, pietà del mio penar! Je naquis dans un cachot ; ce fut le désert qui m'éleva ; et je ne vis que parce que l'on ignore ma royale origine. Mes parents avaient rêvé d'un trône et ce fut la hache qui les réveilla! Hélas, quand donc mes malheurs prendront-ils fin? O, toi qui vers le sein des anges, éternellement pure, t'es envolée, belle, à jamais délivrée des malheurs terrestres, n'oublie pas de tourner ton regard vers moi qui, misérable, sans nom et sans patrie, haï par le destin, ne cherche et n'aspire, malheureux que je suis, qu'à rencontrer la mort.

Ma Leonora, viens-moi en aide, aie pitié de ma souffrance. Accorre al luogo onde si udivano le grida; si sente un picchiare di spade; alcuni ufficiali attraversano la scena fuggendo in disordine da destra a sinistra. Don Alvaro ritorna con Don Carlo. Il court vers l'endroit où l'on entend crier: Alvaro revient avec Carlo. Con ordini del general sol ieri giunsi; senza voi morto sarei.

Or dite a chi debbo la vita? Je ne suis arrivé que d'hier, apportant les ordres du général ; sans vous je serais mort. Dites-moi donc à qui je dois la vie? Si stringono le destre. Uniti in vita e in morte entrambi troverà. Si odono voci interne e squilli di trombe. Et l'on nous trouvera unis dans la vie comme dans la mort. On entend des cris et le son d'une trompette.

Scena seconda Una casa presso Velletri È il mattino. Salotto nell'abitazione d'un ufficiale superiore dell'esercito spagnolo in Italia. Si sente il rumore della vicina battaglia. Un chirurgo militare ed alcuni soldati entrano dalla porta comune e corrono alla finestra. L'aiutante li raccozza, alla carica li guida!

Già fuggon i nemici. I nostri han vinto! Deuxième scène Une maison près de Velletri C'est le matin. Petite salle dans la demeure d'un officier supérieur de l'armée espagnole.

On entend la rumeur de la bataille, tout près. Un chirurgien militaire et plusieurs ordonnances entrent pour aller regarder par la fenêtre. Il les mène à l'assaut! Les nôtres ont vaincu! Don Alvaro ferito e svenuto è portato in una lettiga da quattro Granatieri. Da un lato è il chirurgo, dall'altro Don Carlo coperto di polvere ed assai afflitto.

Un soldato depone una valigia sopra un tavolino. Premio l'Ordine vi sarà di Calatrava. Quatre grenadiers amènent sur une civière Alvaro blessé et évanoui. Don Carlo, couvert de poudre et fort affligé, se tient d'un côté. Un soldat dépose une valise sur une petite table.

Vous recevrez en récompense l'Ordre de Calatrava. Il chirurgo si ritira. Don Alvaro accenna a Don Carlo di appressarsegli. Le nom de Calatrava le fait frémir! Le chirurgien se retire Alvaro fait signe à Carlo de s'approcher. Colà v'ha un mistero, che meco morrà.

Il chirurgo e le ordinanze trasportano il ferito nella stanza da letto. A lui palese n'è forse il disonor? S'ei fosse il seduttore? Desso in mia mano, e vive!

Questa chiave il dica. Apre convulso la valigia, e ne trae un plico suggellato. E la fé che giurai? Je le confie à votre honneur.

Il renferme un mystère qui mourra avec moi. Si je meurs, brûlez-le Le chirurgien et les ordonnances emportent le blessé dans la chambre à coucher. Lui, si intrépide, si valeureux, il mourra donc! Le nom de Calatrava l'a fait trembler! Peut-être lui a-t-on révélé notre déshonneur?

Si c'était le séducteur? Il est entre mes mains Si je me trompais! Que cette clef me le dise! Il ouvre fébrilement la valise et en sort un pli cacheté. Et la parole donnée E questa vita che debbo al suo valor? Niun qui mi vede. Getta il plico, e se ne allontana con raccapriccio. Un giuro è sacro per l'uom d'onore; que' fogli serbino il lor mistero E s'altra prova rinvenir potessi? Torna a frugare nella valigia. Qui v'ha un ritratto Don Alvaro è il ferito!

Ora egli viva, e di mia man poi muoia! Il chirurgo appare alla porta. Oh gioia immensa che m'innondi il cor, ti sento! Et ma vie que je dois à son courage? Mais, moi aussi, je l'ai sauvé! S'il était cet Indien maudit qui a souillé mon sang? Personne ne me voit ici Si, moi, je me vois.

Il jette le pli. Toi qui renfermes mon destin, va, éloigne-toi, tu me tentes en vain ; je viens ici pour laver mon honneur, et je ne vais pas, insensé, le souiller par une nouvelle honte. A l'homme d'honneur, sa parole est sacrée ; que ces feuillets gardent leur mystère Que s'évanouisse la mauvaise pensée qui me poussait à commettre cette action indigne.

Et si je pouvais trouver une autre preuve? Il retourne fouiller dans la valise. Il n'est pas cacheté Le blessé est Don Alvaro! Le chirurgien paraît à la porte. Parte in gran fretta. Je vais enfin pouvoir me venger sur cet infâme de sa trahison. Leonora, où te caches-tu? Dis, as-tu suivi au milieu des armées celui qui fit rougir ton visage du sang de ton propre père? Ah, je serai au comble de la félicité si mon épée pouvait du même coup vous vouer tous les deux à l'enfer!

Scena terza Accampamento militare presso Velletri Sul davanti a sinistra è una bottega da rigattiere; a destra altra, ove si vendon cibi, bevande, frutta.

All'ingiro tende militari, baracche di rivenduglioli, ecc. È notte, la scena è deserta. Una pattuglia entra cautamente in scena, esplorando il campo. CORO Compagni, sostiamo, il campo esploriamo; non s'ode rumor. Non brilla un chiarore; in sonno profondo sepolto ognun sta. Compagni inoltriamo, il campo esploriamo, fra poco la sveglia suonare s'udrà.. Troisième scène Un campement militaire près de Velletri Au premier plan, à gauche, une boutique de fripier; à droite, une autre boutique ou l'on vend des vivres, des buissons, des fruits.

Tout autour, des tentes militaires, des baraques de revendeurs, etc. Il fait nuit et la scène est vide. Une patrouille entre avec précaution, explorant le camp. Avançons, compagnons, explorons le camp ; on entendra bientôt sonner le réveil. Si fa lentamente giorno. Entra Don Alvaro assorto nei suoi pensieri. Pace ed oblio indarno io chieggo al cielo.

Il commence à faire jour. Don Alvaro entre, distrait. Mon âme est brisée par sa cruelle lutte. Je demande en vain au ciel la paix et l'oubli. Vous, qui m'avez prodigué des soins si attentifs? Messaggio non v'inviava Don Alvaro, l'Indiano? Il segreto fu dunque violato? Don Carlo di Vargas, tremate, io sono. Vous n'avez donc pas eu de nouvelles de Don Alvaro l'indien!

Vous avez donc violé mon secret? L'un de nous doit mourir à l'instant. Ne guardano entrambi e dal paradiso ch'io sono innocente vi dicono al core. La suora ospitavala antica parente: Ella vive, gran Dio! Hélas, je découvris que Leonora était morte. Elle vit, grand Dieu! Ella vive, ma in breve morirà.

Grand Dieu, cet ange Elle vit, mais elle mourra bientôt. Je vous jure que par ma noble origine, je suis votre égal, et que mon blason resplendit comme le jour étincelant.

Entre nous s'ouvre une tombe ensanglantée ; comment pourrai-je appeler mon frère celui qui m'a tout ravi? Que vous soyez de sang noble ou vil, il faut que je vous tue, et après vous, l'indigne qui a trahi sa race. Sguainano le spade e si battono furiosamente. Accorre la pattuglia del campo per separarli.

La sua vita o la mia - tosto. CORO Lunge di qua si tragga. Si je ne tombe pas inanimé, je rejoindrai Leonora. La patrouille arrive en toute hâte du camp et les sépare. C'est sa vie ou la mienne Pietoso Iddio, tu ispira, illumina il mio pensier. Al chiostro, all'eremo, ai santi altari l'oblio, la pace chiegga il guerrier. Ad uno ad uno escono tutti. Spunta il sole - il rullo dei tamburi e lo squillo delle trombe danno il segnale della sveglia.

La scena va animandosi poco a poco. Soldati spagnoli ed italiani di tutte le armi sortono dalle tende ripulendo schioppi, spade, uniformi, ecc. Vivandiere che vendono liquori, frutta, pane, ecc. Preziosilla dall'alto d'una baracca predica la buona ventura. CORO Lorché pifferi e tamburi par che assordino la terra, siam felici, ch'è la guerra gioia e vita al militar.

Dieu miséricordieux, inspire-moi, illumine mon esprit. C'est au cloître, à l'ermitage, aux saints autels que le guerrier demande l'oubli et la paix.

Collezioni relancer par mail une candidature gorki les bas fonds. Dieu le Fils, notre Seigneur, aie pitié de nous. Vous avez dit le rosaire Et je me suis reposée: Maudire je veux le doigt, Et maudire je veux la main! Jamais plus tes petites mains ne caresseront Joucemeiii mes joues vieillies, et sur la terre hu- mide qui entoure notre case, jamais plus tes petits pieds ne viendront s'inipiiniei! Un fleuve de sang se dresse entre nous

La voilà dans le cercueil, Après avoir tant souffert. La voilà toute parée De ses plus beaux ornements. Avec ses plus beaux vêtements Elle veut partir aujourd'hui, Parce que le Seigneur, sur terre, Ne veut plus la laisser: Qui naquit pour le Paradis Ne peut vieillir en ce monde!

Quand'co lu vécu cusi, Mi pare un sole oscuràtu Era tu fra le migliùri E le più belle zitelle, Cùmme fôsa fra li fiori, Cùmme lùna tra le stelle: Tu cun tutti eri cortése Ma cun nimmu in cunfidenza. Nu la jésia tutti quanti Dair ùltimu fino a u primmu Guerdàvanu solo a te, Ma tu nun guerdàva a nimmu, E appena dettu la messa Mi dicii: Comme la Mort l'a changé! Qqand je le regarde ainsi Je crois voir un soleil obscurci. Tu étais parmi les meilleures. Tu étais parmi les plus belles.

Comme une rose au milieu des fleurs, Comme la lune au milieu des étoiles; Ainsi tu étais la plus belle Même parmi les plus belles! Les jeunes gens du pays. Quand ils étaient en ta présence, S'allumaient comme des flambeaux, Mais pourtant toujours pleins de respect. Toi, tu étais courtoise avec tous, M;iis n'accordais ta confiance à personne. A l'cglise, tout le monde, Du dernier jusqu'au premier.

Mais tu ne regardais personne, Et la messe h peine terminée Tu me disais: Ahru che divuziùne Nun ti si truhva in cure. Ghi mi cunsulerà maï O spéranza di a to mamma, Avà chi tu ti ne vaï Duve u Signôre ti chiàmma? Ma tu ti ripôsi in Célu, Tutta festa e îutta risu, Perché un n'éra degnu u mondu D'avé cusi bellu visu. Oh quantu sarà più bellu Avale lu Paradisu!

Ma quantu piénu d'afïanni Sarà lu mondu per me! Un ghiornu solu mill'ànni Mi sarà pensandu a te, Dimandendu sempre a tutti: La miù fii'liola duv'é? Qui me consolera jamais, Espérance de ta mère, Maintenant que tu t'en vas, Là où le Seigneur t'appelle!

Mais tu te reposes au ciel Toute riante et toute joyeuse, Le monde n'étant pas digne De posséder un tel visage. Mais que remplie d'angoisses La terre sera pour moi! Un seul jour, mille années, Me paraîtra, rêvant à toi. A chacun je demanderai: Où donc est ma tîUc? Côsa vùi ch'éo fàccia qui, S'ella più nun mi cunsôla? Tra parenti s'enz 'affèttu, Tra bicini senz' amôre, S'eo cascu malàta in lettu, Chi m'asciuverà u sudôre? Chi mi darà un gottu d'acqua?

Chi nun mi lascerà môre? O cara la miù figliôla Pensu, chi sarà di me Becchia, disperàta e sôla? Quandu più pudràchiu avè Un 'ôra di cuntentézza, Un mumentu di piacé! S'eo pudissi alménu mûre, Cùmme tu si mùrta tu, O spéranza di u miô cure, E pô anch'eo piglià all'insù, E truvhtti, e sta cun técu, Senza perdeti ma' più!

Ma fille de mon sein. Que puis-je faire sur la terre, Si elle n'y est plus pour me consoler? Je reste au milieu de parents sans affection. Au milieu de voisins sans amour Si je tombe, malade, au lit. Qui viendra essuyer mes sueurs? Qui me donnera une goutte d'eau? Et qui ne me laissera pas mourir? O ma chère fille! Je pense à mon triste sort ; Vieille, seule et désespérée, Quand pourrais-je plus avoir Une heure de contentement.

Un seul moment de plaisir? Si je pouvais monter au ciel. Te retrouver et rester avec toi, Sans crainte de te perdre jamais! On dit dans un autre vccero: Si lighia nel suo bel viso Sciilpito lu paradhu.

Une autre mère, qui, connme celle de Romana a une fille qui ne veut point se réveiller parle ainsi à son enfant chérie. Autrement, vois-tu, mon désespoir Ne pourra jamais finir! Que le lec- ur me pardonne si je me trompe. IC cuduto il iiiio bel fiorc! Molto allegra lui mi tenue, Poi di casa sorti fuora. Quando ch'io ero al momcnto Di dormire, cosi sento: Una voce che mi chiama Che fù del mio vicinato: La vostra polita rama E qui fuori addormentato.

Il vostr 'unico conforto Glace in terra steso inorto Dal mio lelto mi levai Mezzo morto io trovai ; Dissi: E questa mattina é in bara Venne la cara sorella. Ma a nessun parola dava. Subito sopra del braccio Fu in casa da noi portato. La tua madré tanto amata, Qui, con tutte le tue care, In questa santa nottata, Non liai potuto parlare: M 'liai lasciata di te sola Scnza dirmi una parola.

Di Joloi non ponuo more. En cette nuit sainte tu ne parlas nia ta ni à tes chers parents ; tu m'as laissée privée d4 toi, sans me dire un mot! Pourtant je veux espérer que le Seigneur te ren- dra heureux; tu prieras aussi pour moi surtout ne tarde pas , afin que je quitte ces maux et vieniu te retrouver Forse lu bhpu e la mamma N'hànu fattu una spusàta; Bole andà da lu maritu Ed à pronta e préparàta?

Un si sentenu che gridij E adunitu lu cantône ; Sôna mesta la campàna Ghiunghie crôce e confalône. Elle est prête et préparée. Mais je n'entends que des cris ; Tout le canton est ici réuni, La cloche sonne tristement le glas funèbre Je vois la croix et la bannière.

Ghiacchè bo bulété parte E muta pae'se e clima, Benchè avà sia troppu prestu Che nun erate' a la cima, Asculthte un tantine'llu La vostra arnica di prima.

Bùgliu fa una litarélla Prestu, e la vi bogliu da ; Ne ci mettu micca lacca Che mi né pùssu fidà ; La daréte' a lu mé bàpu Appena ghiunta culà. E pô' a bocca li dare'té. Le nùve di la famîglia Ch'éllu lascio piccule'Ua. Pianghiendu intornu a la zigl. Or, puisque vous voulez partir Et changer de pays et de climat. Quoique ce soit trop tôt, Car vous étiez encore jeune, Ecoutez un petit moment Votre ancienne amie.

Je veux faire une courte lettre Et vous la donner aussitôt ; Je n'y mets point de cire Car je puis me fier à vous. Vous la remettrez à mon père A peine arrivée là-bas. Vous lui direz qu'elle va bien, Qu'elle grandit et reprend courage.

Ch'e'llu porta lu so' nùme Nome per me cusi béllu E che n'ha tutte le forme Benche sia cusi zitéllu: Quelli ch' hànu vistu a bàpu Ricunoscene anch'ad èllu.

Quandu no' ghiunghiému in chiésa, Ci bultèmu a quellu cantu Dùve nôi avèmu messu L'omu ch' ha giuvàtu tantu: Ci crêpa lu côre in péttu, Abbonda ali'occhi lu piantu.

Qu'il connaît son père, là dJià lo montre. Qu'il porte son noai, Ce nom si beau pour moi! Et qu'il a tous ses traits: Quoique bien jeune encore, Tous ceux qui ont vu mon père Le reconnaissent en lui. Vous direz à mon oncle le Piévan Que son peuple va bien Depuis les eaux qu'il fit conJuue Avec tant de fatigues et de peines!

Que tout le monde le regrette Et que chacun s'en souvient. Quand nous arrivons à l'église, Nous nous retournons vers l'endroit Oii nous avons mis Ce homme qui a fait tant de bien.

Cara, andhtevine in célu: U Signore vi ci aspètta! Dans la plupart des villages de la Corse on observe toujours l'ancien usage, souvent men- tionné dans les tragédies grecques, d'exposer les morts sur la place, devant la porte de leur de- meure. La jeune fille était donc couchée dehors dans son cercueil et parée comme une épousée quand sa compagne vint chanter le Vocéro qui précède. Hélas, qu'elle est différente de l'autre cette cérémonie! La jeune vocératrice touche discrètement celte corde sen- sible, mais ne s'y arrête pas, sans doute par un sentiment de pudeur, ce qui est à remarquer.

Le piévan dont on invoque ici la mémoire - 97 — Mais voilà le prêtre qui arrive, Il jette sur vous l'eau bénite, Tout le monde se découvre D'autres s'empressent de vous enlever Ma chère allez-vous en au ciel.

Partez, le Seigneur vous attend! Les braves paroissiens se souvenaient touiours I de leur bienfaiteur et rappelaient ce bienfiait iitcs les fois que l'occasion s'en présentait. Oh crudéli, oh inîqua sorti Per Francescu, di li vacchi! La pauvre, comment ferai-je A vivre seule dans ces maquis? Je veux arracher les fourches Du pieu à sept branches, Atin qu'on n'y attache plus ni sac, Ni capuchon, ni manteau ; Je veux couper la queue De Cimoscu et de Falconi '. Mortu è u càpu di a famjglia: Intarratu lu mortu, a donna volta a Li capanna e viconia a la famidda é a li vicini l'intarramenlu.

Cùmu càpi principhli, Cantaja eu l'altri prêta Li cosi di li missàli. Finite li funzîoni Tutti pronti ad ubbidini — — Hclas! Lorsqu'on le mit dans le cercueil Et qu'on le monta à Prunelli, Une douleur amère fit pleurer Les brebis et les agneaux, Et les chevreaux, de leur parc, Faisaient aussi bée! Comme chef principal, Chanta avec les autres prêtres Les choses du missel. Chacun étant prtt à obcir. La corcia, da me pinsàja: Ma vidi che lu lampôni Ind'un tufunàcciu niéllu.

Les corneilles demeurent généralement dans les lieux bas, dans les plages ou règne la malaria, le mauvais air; ce fut donc la malaria qui tua le vacher, lequel était tenu d'habiter la plage où il y avait des pâturages pour ses bêtes.

On voit souvent à la porte des cabanes un grand pieu à plusieurs branches, sorte d'arbre auquel les bergers suspendent le chaudron, le pelone, le zanu et cent autres objets qui ne trou- vent pas de place dans la hutte de ces mallieureux.

Miiis je vis qu'on le jeta Dans un trou noir et atfreux. Les bergers et iei mendiants le portent suspendu à l'épaule. A Cimosco ed a Falcoite: Ses chiens qui le défendirent mal contre la mort; aussi la veuve, ei signe de mécontentement, veut leur couper la queue. C'est une espèce de sanglot qui échappe aux Vocératrices quand elles improvisent leurs lamen- tations.

Ce Jih, Jih, Jih! On sonne du cor ou l'on crie, soit de la hutte même du défunt, soit du sommet d'un rocher. Un beiger comprend ; vite il annonce i ses voisins la triste nouvelle, et de proche er proche tout le monde est averti. Ia lendemain, trente, cinquante, cent personnes se- ront au rendez-vous: C'est aussi autant par nécessité que pour sou- lager l'âme du mort que la famille du défun sert le repas funèbre ou magnaria à tous les vi- siteurs.

Un mot sur cette vieille coutume. Et attendan l'arrivée des bergers, la plus grande activité règn dans le hameau. On travaille ainsi toute la nuit, de sorte que le lendemain tout est prêt et le inonde peut arriver. I Et la vaisselle? Ceux qui viennent apportent avec eux i leur écuelle, une cuiller, une fourchette — le tout ' en bois — quant au couteau ils en ont touiours un dans la poche. Du plus loin que le visiteur aperçoit la fumée I qui s'échappe de la cabane du mort, il commence i à pousser des crisépouvantables, s'avance, appelle le défunt par son nom, s'arrache les cheveux et se frappe la poitrine.

Les cris recommencent de plus belle, toujours plus forts, on l'embrasse, on le plaint, on le pleure, puis le ton baisse, chacun fait le tour du cadavre et peu à peu se dirige vers le chaudron ou la marmite qui lui.

C'est une espèce de liiièi formée de branchages sur laquelle on mettra I défunt. Le soleil est haut dans les airs, le temps s'î vance rapidement; quatre hommes chargent si leurs épaules le lugubre fardeau et l'on paît lai: Les chevreaux de l'étable sarconu du gre sarx, chair; on peut aussi faire venir eggi chevreaux de eghes, chèvres.

Quasi ch'e'o nun venni menu Di dulôre e ténérèzza. O suréllé, or nun sentité La nutizia ôghié chi côre? E môrtu Santùcci ; Omnu di tantu valôre! Je fus sur le point de m'évanouir De douleur et de tristesse. Santucci est mort ; Un homme d'une si urande valeur! O lu miô duttJr di lègge, Duttôre di medicina Duttôre per pùver 'uômi Senza mai piglià quattrina! Qual'é chi nun pienghiérà Ochje tamanta ruina? O duttôri, eu dieu a bôi Ch'imbarcàte li dinàri, Perché qui nun li lasciàte E nun fàte i vostri affari?

Tantu più ghiunghie la Morte E noi simu tutti pari. Or pienghimu la sô morte, E pienghimu u nostru mâle: Ch' un duttôre cùme questu Nun ci arriva per avale. Je me trompe et fais erreur; La lune ne s'est point cachée.

Le soleil ne s'est point obscurci. Et les étoiles, dans leur cours, Ont toujours la même splendeur. Médecin des pauvres gens, Sans jamais demander une obole! Qui donc ne pleurera pas Une si grande ruine! Docteurs, c'est h vous à qui je parle; Vous vous embarquez avec votre argent Pour aller étudier au loin ; Pourquoi ne pas le laisser ici Et faire vos affaires? Car, voyez-vous, la Mort arrive Et alors nous sommes tous égaux. Mais pleurons sa mort Et pleurons notre malheur.

Ce matin, à Alesani, Je prévois bien des funérailles; Un médecin de cette valeur. Ne nous viendra pas de si tôt! Ciô che nôi dàvatnu ad éllu Ci turnàva a casck in manu. O quhntu chi ci s'indàva Quàntu chi ci cumparia La duménica ail' altàré Ch'u Vangélu ci spunia! Lu sapéva tuttu a mente Cum 'éo s6 l'Avé Maria! Quanti mai ci n'è arrivàtu Da vicinu e da luntànu Tutti a dimandàré informi Qui da boi, signôr Piuvànu!

Quai é chi lé sanérà L'ossé di li cristiàni? Et qu'il paraissait beau, Le dimanche, à l'autel, En nous expliquant l'Évangile! Il le savait tout entier par coeur Comme je sais l'Ave Marij. Que de monde il est arrivé, De prés et de loin, Vous demander des consultations. Mais vous ne leur répondez pas Et ils s'en vont mécontents.

Santucci est mort; Ses mains étaient bénies! Qui donc guérira les os Des pauvres malheureux? U Piuvànu le accunciàva Cu le sô mané fathte. Or pudimu pienghié a béru Chi stamàné sô ligàte. Un sémite le campàné Cume sonanu a piétàr' Par'che l'aghiénu capita La nostra nécessita: Par'che bôglianu fa prôva Di fallu risuscità. Stamàne in la nostra chiésa E scavàtu u pavimentu Quai é chi m'assistera 'Ndù mé ùltimu mômentu?

Chi neir ôra d'à miù morte Eu cridïa d'avéllu accantu! Le curé les guérissait Avec ses mains bénies. Nous pouvons bien pleurer aujourd'hui Car elles sont liées! N'entendez-vous pas les cloches Comme elles sonnent tristement? Elles paraissent avoir compris Notre malheur, Et semblent vouloir essayer De le rappeler à la vie. Ce matin, dans notre église. On a creusé la fosse.. Quelques-uns croient encore aujourd'hui que le titre àt piévan est plus élevé que celui du curé, 2.

Saniucci n'étant plus pour soigner les pau- vres gens, la Vocératrice prévoit que bien des malheureux mourront qui auraient pu être gué- ris par le bon abbé, Cu le so manifatàte. Comme on pourra le voir dans la présente collection, cette idée que les visiteurs s'en vont mécontents à cause du silence du mort se trouve dans un grand nombre de complaintes. Dans un autre Vocéio, notamment, un homme s'écrie: Ne simu partiti tutti Istamane da luntanu ; Su!

Che l'amici e li parenti Tutti sconsolati stanu. Oiteci qualthe parola Clii no' rebtiinu cunteiiti! Ce nrAVn nous sommes tous ptrtis de loin; debout! Lorsque tout sourit dans le ciel et sur la terre, Moi, souffrante et triste, Je reste ici à pleurer et à soupirer Car maintenant il ne me reste plus rien!

Dunque eo resterhchiu qui Senza te, miô dolce bràmma? Ma giacchè tu ti ne vài Dùve u Signôre ti chiàmma, Perché per accumpagnàrti Ello un chiàma ancu a tô màmma? Morte tantu crudéle, Cusi barbàra e ritrôsa ; Cu la tô falce fatale Hai recisu la miô rôsa,.. Quandu appuntu ella apparia Mezzu aperta e mezzu ascôsal Dici uiia donna. Asciugàte u vostru piantu, Calmàte u vostru dulùre, Di a Vergine a la curôna Ci mancàva un bellu fiôre, — 12 1 - J'avais un Hls unique Qui soulageait mes chagrins, Qui était l'oubli de mes peines El le réparateur de mes maux; Mais la Mort me l'a ravi A l'âge de douze ans!

Je resterai donc ici Sans tui, ô mon doux désir! Mais puisque tu t'en vas Où le Seigneur t'appelle, Pourquoi ne réclame-l-il pas aussi Ta mère pour l'accompagner? Tu as coupé ma rose Avec ta faucille fatale.

Lorsque juste on la voyait Au moment de s'épanouir! Essuyez vos larmes El calmez votre douleur: A la couronne de la Vierge 11 manquait une fleur — — E un anghiulu qui ha inviàtu A pigliarlu lu Signôre. EUu é omhi in un giardinu Dùve nun c'é sicchità ; Culà starà sempre verde Per tùtta l'eternità, E li sô più gràti ôdôri Dapeitùttu sperghierà.

S'éllu é dunque in un giardinu, Fra le giôje ed i cuntenti, Ed éo de vu resta qui Frà le angôscie ed i turmenti! Lu Signôre ascolti almènu Li miù voti e i miô lamenti 1 Mi perdôni i miô peccàii, Ellu ch'è bonu e piétôsu 1 Poi gli piacqua di levarmi Di stu mondu dulurôsu, E ch'éo véda mi concéda Lu miô fiôre preziôsu. Il est maintenant dans un jardin Où il n'y a jamais de sécheresse.

Là il restera toujours verdoyant Pendant toute réternité. Et il répandra de tous côtés Ses plus suaves parfums. Mais s'il est au Paradis, Dans les joies et les contentements, l ois-je rester seule ici Dans les angoisses et les tourments? Que Dieu me pardonne mes pcchés. Lui qui est si bon et si miséricordieux!

Puis, qu'il lui plaise de m'enlever De ce monde douloureux Et qu'il me permette encore d'admirer Ma tieur précieuse! Portu una gaitiva nova '. Apparicchiàta è la tôla Cun cinque centu purtàte Ghiuvànni vi prega tutti Disôttu se voi falàte. J'apporte une triste nouvelle. Vite, descendez en bas El mettez la table. Voilà la table mise Pour cinq cents couverts: Jean vous invite tous Si vous voulez descendre. Repas si plein de goiil Et si joyeux! M'hai tiràtu a mèzu côre, E passàtu c'una frèzza.

Cullèmucine disôpra, Questa é sala di frestéri; O Ghiuvà, tu la saï pure Chi nun ci stàvamu guéri. Stamàne a la to famiglia Quantu l'accrésci penséri! Quai' é chi t'ha cunsigliàtu, Ghiuvà, chi nùUa nun dici? Mi vôgliu strappà lu côre, Eo, cun tùtte le radici. Perché m'hài da fa passa Li jorni cusi infelici?

Eccuti lu diamante, Quèllu chi m'hai postu in ditu ; Nun la saï ch' éo sô a tô môglie, E tu si lu miô marîtu? Si statu corne la nebbia Chi per aria si smaritu Si tu un bôli stà a paèsi, I — — O Jean, pourquoi M'abrt'uves-tu d'amertume! Celle-ci est la salle des étrangers. Ce matin, que de soucis Tu laisses à ta famille!

Qui donc t'a si mal conseillé? Jean, tu ne parles plus? Pourquoi me faire passer Des jours si malheureux? Voici le diamant, l'anneau du mariage. Celui que tu mas mis au doigt: Ne sais-tu plus que je suis ta femme Et que tu es mon mari? Pareil à un léger nuage Tu as disparu dans les airs! Forse nun ti piàce più, Ghiùva, la mio cumpagnia? Mi vogliu strappà lu côre, Eo, cun tùttele ràdice Una donna dila Venjulasca inter- loquisci. Permitètici, ô Signora, Qui di prenda u sciô Ghiuvànni. Quèlli di lu Viscuvàtu L'hànu gôsu per tant 'anni!

Stamhne alla Venzulàsca Lu vulemmu traspurtàni. Eo crédu ch'a cumùne Nun gli lu permettérà. Où es-tu, ma Lillina, Et toi mon Carlu-Félice? Est-ce bien la vérité Ce que disent les gens?

En ont joui bien des années. Ce matin, c'est à Venzolasca Que nous voulons le conduire. Je crois que la commune Ne le permettra pas. Or nun védi e cumpagnie Ghiùnte qui da tre paèsi? O Ghiuvà, sài chi per te Or ci su H làcci tési? La veuve infortunée se compare ici à un oiseau de mauvais augure, à la chouette, au hibou, qui, d'après les croyances populaires, ne font entendre leur chant triste et monotone que pour annoncer des jours de larmes et de deuil. Ne vois-tu pas les confréries Arrivées ici de trois villages?

Je veux déposer mon tulle Et mettre les fjlJette ; Malheureuse! Disoitu, rêlage inférieur, l'étage de la mai- son réservé aux grandes réceptions. Autrefois les dîners servis dans celle salle étaient toujours animés et fort joyeux; aujourd'hui que le malire est mort, c'est le repas funèbre que l'on y prend.

Noms des deux enfants que laisse le dé- funt. C'était la consolation de la pauvre veuve, mais en pensant qu'ils n'ont plus de père, le dé- sespoir lui arrache ce cri de l'âme: Il y a dans ces deux vers une forte ellipse.

Santia doute encore que son mari soit mort; ce- pendant tout le monde le dit, et elle se fait à, elle-même cette demande: C'était donc à Venzolasca que s'en allait le mort, et la femme qui interrompit le Vocéro avait ra'son de dire: Dans ces conditions, Santia portait le Mesero.

Le Mesero était un voile en dentelle que les tcmmes de condition mettaient pour aller à la messe et dans les occasions où elles avaient à paraître. Seulement, quand elles éuient veuves, plus de distinction; riches ou pauvres por- taient les FalJette. Les FalJette consistaient en une immense jupe de soie noire que l'un attachait à la ceinture et dont la partie postérieure était relevée par dessus la tête et rabattue sur la hgure.

Rien de plus lugubre que les faUette Dans ce der- nier cas, toutes les veuves se réunissaient mai- - i34 - chant à la iile, la plus grave en icte ; arrivées à la porte de la maison du mort, ou même sur la place, elles élevaient toutes la voix, poussant des cris déchirants et appelant le mort par son nom; puis l'une d'elles — la plus proche parente ou la meilleure vocératrice — s'approchait du lit fu- nèbre et entonnait son chant mortuaire.

Les Falàette lendtnl à disparaître; bien qu'on les conserve encore dans les montagnes, le temps n'est pas bien éloigné où elles passeront à l'état de souvenir. En outre, le sentiment de tristesse que les faldette gravaient dans l'âme de la femme veuve était si profond, qu'il était extrêmement rare que l'une d'elles songeât à se remarier. Pour le même motif, personne n'aurait osé insulter à sa dou- leur — même après dix ans de veuvage, — en lui adressant un mot inconvenant: Aujourd'hui ce n'est plus cela ; en perdant son mari, la femme Corse ne perd pas tout espoir; - i?

Parchi strappà li catèni Di tanta fid' uniôni, E lascià vostri figliôli Cu la màmma a li buccùni? Quandu vinarh sittembre Pigliarèmu la Tavàgna Ci camparému a fasciôli Rudarèmu la castàgna Sempri sarémo a li tôzzi i Per paési e per campàgna. Eu nun lo possu di! O li miô cari figliôli Per nôi bisogn'a mûri Pianiti lu vostru babu!. Toujours nous mendierons Dans les villages et par la campagne. Mais sans les gens charitables C'est aflVeux, je ne puis le direîj Mes chers fils.

Bona jeiiti, les bonnes gens. Quelquefoij cette expression est employée comme ironie: I Je vis une femme de ton village Ft je me mis à lui demander: De Saint-Antoine je descendis à Penta. En sont à désirer un peu d'indienne! Eo nun àchiu maï cridùtu Di truvàtti le fallétte ": Mi vôglio cavà una rota E indôssu a t'ogliu mette 1 Perché qui a lu miô cumandu Crideria d'avénne sètte.

J'aurais voulu la voir. Moi, pendant qu'elle était malade! S'adressant à la morte. Vous vous plaignez du mari ; Mais jamais de pannu sur Françoise 11 n'en a été mis un doigt!

Par une femme de ton pays. Que tu portais le cjpagnu El que tu allais à la fontaine! Je veux m'ôier une jupe El te la donner, Car, à mon service, Je pense en avoir sept! Chi n'ha fàttu u tô maritu?

L'ha impignàtu, o l'ha vindùtu? E nun è mancu impignàtu ; Perché pe' le so figliôle Nu la càscia este allucàiu. Questu é l'onôre che fàci Alla casa, Albertlni? Orlacavlglia i Brandinchi La vindïanu a bon mercàtu Perché trenta palmi addôssu, O Gécca, ti n'ha buscàtu! Fidichiàtu àchiu la stràda, Cuntenplàtu àchiu la via: Où est ton velours? Qu'en a fait ton mari? L'a-t-il engagé ou vendu? Parce que même en cette occasion Je n'en vois point sur toi! Il est réservé pour ses tilles, Et plié dans un bahut.

Est-ce là, l'honneur que tu fais A la famille, Albcriini? Or, cette futaine, les Brandinchi Ont dît te la vendre à mon marché Parce que trente pans, sur le dos. On t'en a mis, ô ma Françoise! J'ai regardé le chemin, Et j'ai exploré la route; Nulle part je ne vois paraître Ma commère Ange-Marie. Si elle était ici ce matin — 1 5o — Questudescu l'affiuria! A lu paése di Prùnu Eo nun c'éra siàta mai Eranu qu'è li paési Chi parïanu citai? Un c'è che Ctàse di pastôri, Qui non ci s'allùgia mai!

Or su questi li salùtti? Or s6 que' li curidori? O Cécca, la miô surélla, Sonu case di pastùril A lu paése di Prùnu Tu nun ci haï avùtu sorte; Ma chi t'ha purtàtu qui Possa fà la màla morte ''! Eo sô di li nômi antichi. Au pays de Pruno Je n'avais jamais été'. Était-ce celui-ci le village. Qui ressemblait à une ville! Il n'y a que des maisons de bergers, On ne peut y oArirlhospitalitc! Sont-ce là les salons? Sont-ce là les corridors? Mais celui qui t'a conduite ici, Piiisse-t-il mourir de male-mort!

Madame, Car je pourrais bien me tromper. Vous ne pouvez pas vous tromper, Car je porte un nom antique ; —. Cun qualunque v'incuntràste Nun parlàvate che d'èlla! Or via, rizzàtevi in pédi; Alzàte lu vostru càpu: Simmu junte per falàbi A truvà lu vostru vàpu!

Mais parlez un peu mieux Puisque vous êtes si bien née. Mais avec ceux que vous rencontriez. Vous ne parliez que d'elle!. Levez-vous, levez-vous sur vos pieds. Nous sommes venus vous faire descendre Retrouver votre père! Il arrive parfois que des jeunes filles de bonne famille se laissent enlever par des hommes sans position; alors elles ne peuvent plus soutenir le rang qu'elles avaient dans la maison paternelle ; c'est le cas de Cecca ou Françoise.

La pauvre Fran- çoise rougit de montrer sa misère et ne se pré- senta point. Ou appelle colore toute espèce de toile ou: Les parents de Cccca n'avaient pas été avertis de sa maladie; le glas funèbre leur sppril seul le dernier jour de leur enfant. Surnom du mari de Cecca. Ce qu'elle ne faisait pas dans la maison de son père qui était riche. Le cjpjgnu ou capitàla est un rond de paille ou d'herbe qui se met sur la tête quand on porte un fardeau. Voir pour falJette ou fallette la note 7. Accasalàta, de riche maison.

De casale, pa- trimoine; bien casée, bien dotée. O Mattëu di la surélla! D'u tù sangue préziôsu N'hànu lavàtu la piàzza, N'hànu bagnàtu lu chiôsu ; Nun è più tempu di sônnu ; Nun è tempu di ripôsu. Arrache les tripes et les boyaux De Ricciottu et de Mascarone, Et jette-les aux oiseaux de proie! E a minàcce di le donne Nun H dànnu mancu orècchiu!

Nun pienghite più, surélle, Fàte un cor de Faraône '': Allons, debout, mon Pascal, Et toi, debout mon Mathieu l Ah! Ce matin nos ennemis Ont fait de nous ce qu'ils voulaient! O Mathieu 1 ô mon frère 1 O Mathieu, mon faisan! Vider possa in un spurtéllu La civa di lu Piuvànu '!

Ch'e'o la stràcci eu li denti E la pàlpi di mé manu 1 Nella casa di lu prête Lu diàvoleci sentu, Pretàcciu scummunicàtu, Cane rodi sagramentu: Ch'éllu si crépi d'affànnu, E di spàsimu e turmentu!

Li ne perdùno una parte, L'altra poi gli li negàva. Questi sô li scùdi blanchi, Di baba so le pinnàte Quelle che per èllu scrisse A taulinu le nuttàte, Perch'avésse questa cura Da sfamh le sbancalàte? Puissé-je voir dans un panier Les tripes du Piévan! Puissé-je les déchirer de mes dents Et les froisser de mes mains! Dans la maison de ce prctre J'y entends le Diable; Prêtre infûme, excommunié, Chien ronge-sacrement, Puisses-tu crever dans les angoisses, Les spasmes et les tourments!

C'est ainsi qu'il paie l'argent Que mon père lui donnait toujours, Quand André Barbe dans-l'Oreille L'envoyait étudier aux écoles? Il lui en laissa une partie Et l'autre lui fut niée. Sont-ce là les blancs écus le mon père? Un pensàte che vi pàssi Giammattéu per Ghiacarùne '", Làdru contrasègna-boi ", Usa a fà lu compagnône!

O Mattéu, chi purte'rà Tutti li to camisciôtti? Nun e'ri cùme sti làdri Che nun hànu che pillôtti, E burïanu bède l'altri A li so' stràcci ridôtti! U diàvole nun fàccia Che 1 ommu di tanta jente Un si picchi ancu d'onôre A scuntà le me' lamente; E se bùi nun la fare'te, Nun saréte da niente!

As-tu pensé que ce fût L'argent de Saint-Antoine Qui t'a sauvé de la misère Et fait savourer quelque bon morceau? O Mathieu, qui portera Tes chemises à jabots! Tu n'étais pas comme ces gueux Qui n'ont que des loques Et qui voudraient voir les autres Réduits à leurs chiffons!

Le Diable voudra bien faire, Que pour un homme de tant de parents, Quelqu'un se pique d'honneur Et fasse escompter mes tourments. Et si vous ne le faites pas Vous serez tous des rien qui vaille!

Oh s'cju avèssi un zitc'llu! E tagliàmmi u mi j grembiôlu, Falline un sott' abitéllu! Perché mai nun si scurdàsse Lu sangue di u me' fiate'llu, E quand'èllu fusse grande Ne facèsse lu macéllu! Bindicàte u nostru sangue, Grôlia in vita, in morte fàma. Di sangue sentu una sète! Di morte sentu una brama! Svinisci, e pocu a pocu s'addiir- menta. O Mattéu di la surélla, Mi n'àchiu pigliàtu un sùnnu.

Or cun te bôgliu resta Lagrimandu tin' a ghiornu: Eo la s6 che stamatina Si ne va lu me' culombu, Cum'è tintu lu me" core, — — Oh! Afin qu'il ne pût jamais oublier Le sang de mon frère, Et que, devenu grand, Il fil une boucherie de ses ennemis! Et que tardes-tu Jean-Pierre? Prends une arme troyenne cruelle? Et cours venger notre sang! J'ai soif de sang Je suis affamée de carnage! Elle s'évanouit et s'endort peu à peu, puis elle reprend: A pleurer jusqu'au jour; Car je sais que ce matin Mon ramier, va s'en aller.

Hànu tiràtu a li vostri, Hànu tiràtu a li méi: Hànu tombu li Pirètti, E féritu li Taddéi: On a tiré du plomb, A Mathieu dans la cervelle, Et à Pascal, dans les poumons. Ils ont tiré sur les vôtres. Ils ont tiré sur les miens, Ils ont tué les Piretti, Us ont blessé lesTaddéi, Et les funérailles des nôtres, Sont aujourd'hui leurs trophées!

IJe veux prier le Seigneur, Et je veux prier tous les saints, Pour que les Ricci soient exterminés En laissant tous leurs biens Mais a-t-on jamais vu Qu'on tue des hommes pour des chansons? Quai sarà tra voi la prima A scuntà le me' candéUe, Ed a pienghie di li soi L'ôcchi invizzhti e la pelle?

Vi se'te affaccàte tùtte Questa màne, o Filandrlne: M'ha purtàtu Giammattéu, Ch'un mi ne dà nova nimu? L'hànu présu li Mafrîni "' Ràzza e sangue di Caïnu! Quelle sera la première d'entre vous Qui paiera mes larmes?

Vous vous êtes toutes mises aux fenêtres, Ce matin, fileuses! Et pourtant vous vous honoriez Jadis D'être leurs concubines. Vous passiez vos soirées Au service de tous les nôtres! Voici prêtre Jean-Toussaint, Voilà mon cousin qui arrive M'amène-t-il mon Jean-Mathieu, Car personne ne m'en donne des nouvelles? Il m'a été pris par les Mafrini, Race et sang de Caïn! Or, maintenant, mes cousins, Prenez tous vos cartouchières.

Cecc' Antô, frère de Pasquale, lequel avait été assassiné le même jour que Mattéu. Après avoir interpellé son frère Cecc' Auto, qui à cette heure n'avait pas encore vengé la vic- time qu'elle pleure, la vocérairice s'adresse à Dummè, son cousin, et, pour le décider, elle ne pouvait employer de plus terribles paroles.

Une balle, un coup de poi- gnard répond immédiatement à un pareil affront, et la provocation paraît même si violente que le jury acquitte toujours celui qui a donné la mort pour un semblable motif. Pauvre Corse de nos jours, quel héritage de sang et de carnage t'ont légué les Génois! Les fontaines sont taries; expression fi- gurée pour les blessures ne donnent plus de sang.

Ce dommage était une insulte publique et un avertissement pour Gianunattéo. Fate un cor di Faraone. Surnom du père du cuié. Ce Ghiixcaroiie avait été tué et l'on en avait im- puté la mort à la famille de Giammattèo; c'était peut-être pour le venger qu'on avait assassiné celui-ci. Son Giam- malito pour Ghiacarone! Juvjin-Pé, autre frère de Pasquale, une des victimes.

Ricci; nom de la famille des ennemis. E clie lascino i sa statiti; tous les biens acquis colto stento, avec fatigue. Il paraît que la cause de tant de malheurs fut une simple rivalité de chant.

Nous avons hésité un instant pour savoii si nous devions publier ces quelques vers. D'ailleurs, n'a-i-on pas vu le grave Caton traiter César d'ivrogne en plein Sénat et lui jeter au visage le billet de Servilie?

Surnom de la famille ennemie. Quand deux familles étaient in vindetta on fortifiait quelquefois les maisons afin de mieux se garder tout en attaquant les ennemis si l'oc- casion s'en présentait. Parse ch'ùnu mi dicissi: A fane la to bindétta Quhle vôli chi ci sia? Màmmata vicinu a môre O a to surèlla Maria? D'una ràzza cusi grande Làsci s61u una sure'lla, Senza cucini carnhli Povèra, orfàna e zitèlla Ma per fà la to bindétta Sta sigùro, basta an: Je veux montrer ta chemise sanglante Car personne n'attend, Pour se couper la barbe Une fois la vengeance faite.

Pour faire ta vengeance Qui donc y sera? Suivant les différentes localités ter: Lorsqu'un homme était assassiné on gardail sa chemise, percée et sanglante, jusqu'au jour où l'ennemi succombait à son tour. Alors, ceux qui avaient porté toute leur barbe en signe de deuil, se rasaient en signe d'allégresse. Cette soif de vengeance a été décrite dans une courte et charmante anecdote que nous raconte M. Deux jeunes gens venaient de succomber n'ayant malheureusement qu'un seul parent.

C'était un oncle plus que septuagénaire. Grave par habitude, ardent de nature, mais impuissant à raison de son âge, il pensa qu'un Corse offensé ne pouvait vivre honoiablement sans vengeance, et il résolut de s'isoler du monde.

En conséquence, il s'en- ferma dans sa maison, fit peindre en noir la façade de l'étage qu'il occupait, ferma hermétique- ment les jalousies de ses fenêtres et s'enterra vif dans cette obscure cellule comme dans une tombe. Ce ne fut que lorsque l'ennemi du vieillard fut tué à son tour dans une embuscade par d'autres ennemis, que la maison, couverte de la bande.

Aussitôt elle prit un air de fête; jalousies s'ouvrirent, le soleil, cet hôte si.. Ses yeux supportaient avec peine le jour, dont , ils s'étaient déshabitués; mais ce n'était ni le ciel. E per terra il mio colombo E per ària so' le piùme! Et passant par San Piétru Je ne voyais plus la lumière: Le mouchoir que j'avais en main Paraissait trempé dans le iUuve.

Il était par terre, mon ramier, Et ses plumes volaient dans les airs! Pôi spàrgelu pe' e Piazzôle Che fosse taniu velcnu! Maledi vôgliu lu dîtu, Maledi vogliu la manu ; Quéllu ch'ha tumbktu a vùi Statu é un turcu o un lulerànu, E di paési vicinu O di paési luntànu? Dov'é la sua càra figlia Gh'éilasi compri un mandile, E tingelu in du s6 sangue Oh sangue cusi gentile! E poi cîngelusi a côUu Quand'élla ha bôglia di ride? Maudire je veux le doigt, Et maudire je veux la main!

Celui qui vous a ravi la vie Est-il donc turc ou luthérien. De proche pays Ou de lointaine contrée? Mais où donc est sa chère fille, Qu'elle achète un mouchoir Et le teigne dans son sang, Oh!

Et qu'à son cou elle le porte Quant elle veut rire? Un rancôri mipunzica, E quist'é lu mé turmeiitu! Ciù ch'è quantu la tô morti M'addispéra é mi da nôja, E chi se pudùtu môra Da la man di squhrra bôïa: Ma si sfàtta è la tô casa, E zappàta ancu la soja! On t'a tué par trahison! Parce que du pays Tu étais la Heur et rornemeni. Et cela fait mon tourment! Ce qui m'est aussi cruel que ta mort. Ce qui me désespère.

Mais si ta maison est ruinée La sienne est détruite! Tanti larma chi ghié lampu Par vô s'hàni da fa toscu! O àltu quant'é lu sôli, O làrgu quant' é lu mari, O riccu di sapienza Di custùmi é di dinàri, O fraté, lu mé fratéddu, Oghi è sfàttu lu tô làri ' 1 L'assassini, 6 fratiddù, Hàni forsa cunnusciùtu Ch'a nimmu, da vindicàtti, Tu nun avaristi avùtu ; Ma lu Corsu par trenl' ànni Nun è chiamàtu currùti;. Li làtril li scorra boïa! Li fammiti, malandrinil Par nun pudéssi varnà Hàni faltu l'assassini; Cussi forsa camparéti Pa li stàzza é li mulini!

Les larmes qui coulent de mes yeux Seront pour vous autant de poison! Aujourd'hui ton foyer s'écroule! Tes assassins, ô mon frère!

Ont peut-être supposé Que pour te venger Tu n'aurais eu personne: Mais le Corse, avant trente ans. Ne doit pas être appelé cornard! Parce qu'ils n'avaient pas de quoi vivre Ils se sont faits assassins! Ma si ghié nun morgu prestu N'àghi'a piddà lu sô côri!

Lu tô péttu è tafunàtu ; Li tô làbbra, sculuriti;. La tô bùcca è pien di tàrra; E vlgu li tô firiti: E nun camparàghiu tantu Da scumpirvi, ô li fammiti! Nun pinsà, ô fratiddù, Ch'a da éssa vindicàtu; E si tu nun ha fratédda, Si nun vàli tô cugnàtu, Ci su é, la tô surédda, Da piddàmi lu sô fiàtu!

Je vois ta poitrine percée, Tes lèvres décolorées, Ta bouche remplie de poussière;- Je vois tes blessures, ô mon frère! Kt je ne vivrai pas assez Pour vous détruire tous, ô misérables! Que sur toi tombe le tonnerre, t qu'un tremblement de terre t'engloutisse! Puisse ta misérable demeure être détruite Au son des cors et des entonnoirs, O toi, fils de prostituée.

N'en doute pas, mon frère, Tu seras vengé ; Si tu n'as pas de parents. Crèsci tu, lu me nipôté, Crésc' é fa la tô vinditta; Nun saré da lu buïàghiu?

Chi nun fermi 'na sô râzza Porta aperta, ô pétra ritta! Altru ché quissa spiranza, Ohimmé! On ne meurt pas de douleur, O mon frère bien-aimé! Tu n'as fait de mal à personne, Et pourtant je te vois éventrc! Les assassins t'ont tué Parce que tu leur faisais envie! Maudis sois-tu, la peur venant! Tâche qu'il ne demeure dans sa race Ni porte ouverte, ni pierre debout! Je vais quitter la jupe Pour le stylet et le pistolet Viens, mon neveu, Vois-tu ton père? Si 'nni va calz'é vistùtii, Senz'avé ma' fàttu màli; Sgùttani, li sô fiiiti, O li mé danni vinàli!

Commu sgùtta lu sô sangu Quandu si tumba un maghiàli! Ancu tu cussi faré, Prestu, lu mé niputéddu: Chi dicïa, ô quidd' aïenti? Il pio frate, accoglierti, no, non ricuserà. Non mi lasciar, soccorrimi, pietà, Signor pietà, Deh! O Sainte Vierge, ma mère. Dans ce lieu solitaire, j'expierai ma faute. Aie pitié de moi, Seigneur Je t'en prie, ne m'abandonne pas. L'orgue accompagne les matines des moines. Les accents de l'orgue. L'oserai-je, à cette heure-ci? On pourrait me surprendre!

Oh, malheureuse Leonora, tu trembles? Non, le saint homme ne refusera pas de t'accueillir. Ne m'abandonne pas, viens-moi en aide, pitié, Seigneur, pitié. Ah, ne m'abandonne pas.

Leonora suona il campanello del convento. Si apre la finestrella della porta, e n'esce la luce d'una lanterna, che riverbera sul volto di Donna Leonora, la quale si arretra spaventata. Melitone parla sempre dall'interno. Leonora sonne la clochette du couvent. Le judas de la porte d'entrée s'ouvre et l'on voit passer les rayons d'une lanterne qui éclairent le visage de Leonora ; elle recule, épouvantée. Fra Melitone lui parle de l'intérieur. Ché strano fia aspettar a ciel sereno.

V'annuncio, e se non torno, buona notte. Fama pietoso il dice; Ei mi proteggerà. Padre Guardiano entra con Melitone. Mais j'ouvre pour vous laisser entrer. Il est bien étrange d'attendre à la belle étoile. Et si je ne reviens pas, bonne nuit. Il referme le judas. On le tient pour un homme charitable. Père Guardiano et Fra Melitone entrent.

E questi santi soli han da saperli! Noi siamo tanti cavoli Et il n'y a que ces saints qui doivent les connaître! Nous sommes trop sots, nous autres Il rentre dans le couvent. LEONORA Infelice, delusa, rejetta, dalla terra e dal ciel maledetta, che nel pianto prostratavi al piede, di sottrarla all'inferno vi chiede. Leonora s'inginocchia ai piedi della croce, la bacia, poi ritorna, un po' confortata, dal Padre Guardiano.

Approchez-vous, confiante, de la croix, et là, la voix du ciel vous inspirera. Leonora s'agenouille au pied de la croit l'embrasse, puis s'adresse au Père Guardiano.

Je ne me sens plus persécutée più non provo farmi guerra L'ombre immobile de mon père ne se dresse plus, toute sanglante, et je n'entend, plus sa voix terrible maudire sa fille. Vous, qui êtes si jeune, vous vous en repentiriez d'autant plus amèrement. Chi immutabil farvi il core? È questo il porto. Chi tal conforto mi toglierà? Qui peut lire dans l'avenir? Non, Si vous chassez celle qui se repent je m'en irai, appelant les rochers à mon aide, demandant asile aux montagnes et pitance aux forêts, et les bêtes sauvages elles-mêmes auront pitié.

Ah oui, j'ai entendu ici la voix du ciel: Voici mon refuge ; qui pourrait m'arracher ce réconfort? Il Tuo voler si compirà! È fermo il voto? Tra le rupi è uno speco; ivi starete. Sull'alba il piede all'eremo solinga volgerete; ma pria dal pane angelico conforto all'alma avrete.

Vous êtes bien décidée? Parmi les rochers, il y a une grotte ; c'est là que vous vivrez. Près d'une fontaine, je déposerai moi-même chaque semaine, votre maigre pitance.

Dès l'aube, vous vous dirigerez seule, vers l'ermitage: Le sante lane a cingere ite, e sia forte il cor, ah! Entra nel convento, e ne ritorna subito portando un abito da Francescano che presenta a Leonora. Grazie o Signor, grazie o Signor. La gran porta della chiesa si apre. Di fronte vedesi l'altar maggiore illuminato. Dai lati del coro procedono due lunghe file di Frati con ceri ardenti.

Più tardi il Padre Guardiano precede Leonora in abito da frate; egli la conduce fuor della chiesa; i frati gli si schierano intorno. Leonora si prostra innanzi a lui, che stendendo solennemente le mani sopra il suo capo intuona: Le Seigneur vous aidera à vous maintenir dans cette nouvelle voie. Il entre dans le couvent et revient en portant un habit de moine qu'il donne à Leonora.

Oh, joie inégalable, me voici à nouveau bénite! Je sens désormais renaître en moi une nouvelle vie de l'âme Ils entrent dans le couvent. La porte principale de l'église s'ouvre. Au fond, on aperçoit le maître-autel tout illuminé. Puis Père Guardiano, précédant Leonora en robe de moine.

Leonora se prosterne devant lui et il étend solennellement la main au-dessus de sa tête, en chantant: V'è noto il loco? Nous lui ouvrons la sainte grotte Il cielo, il cielo fulmini, incenerisca, l'empio mortale se tanto ardisca; su lui scatenisi ogni elemento, l'immonda cenere ne sperda il vento.

Alcun vivente più non vedrete. Dello speco il bronzo ne avverta se periglio vi sovrasti, o, per voi giunto sia l'estremo giorno A confortarvi l'alma volerem, pria che a Dio faccia ritorno.

Leonora bacia la mano al Padre Guardiano, e si dirige sola verso lo speco dell'eremita. I frati, spente le candele, si ritirano in chiesa. Il Padre Guardiano si ferma alla porta e, aprendo le braccia nella direzione dove Leonora è appena scomparsa, la benedice.

Que la foudre du ciel réduise en cendres l'odieux mortel qui aura cette audace ; que sur lui se déchaînent tous les éléments Vous ne verrez plus jamais aucun être vivant. La cloche de la grotte nous avertira si un péril vous menace, ou si votre dernière heure est arrivée Nous viendrons aussitôt réconforter votre âme, avant qu'elle ne retourne à Dieu.

Leonora embrasse la main du Père Guardiano, et se met en route, seule, vers l'ermitage. Les moines éteignent les cierges et rentrent dans l'église en même ordre. Le Père Supérieur s'arrête à la porte et étendant les bras après Leonora, la bénit.

Don Alvaro in uniforme di capitano spagnuolo dei Granatieri del Re si avanza lentamente dal fondo. Si sentono voci interne a destra. CORO Attenti al gioco, attenti, attenti al gioco, attenti Oh, notte ch'ogni ben mi rapisti! Il fait nuit noire. Don Alvaro en uniforme de capitaine des grenadiers du roi d'Espagne, s'avance lentement par le fond. On entend des voix en coulisse. J'appelle en vain la mort!

Oh, nuit qui m'a tout ravi. Je serai éternellement malheureux, c'est écrit. In un carcere nacqui; m'educava il deserto; sol vivo perché ignota è mia regale stirpe! Oh, quando fine avran le mie sventure!

O tu che in seno agli angeli eternamente pura, salisti bella incolume dalla mortal jattura, non iscordar di volger lo sguardo a me tapino, che senza nome ed esule, in odio del destino, chiedo anelando, ahi, misero, la morte d'incontrar. Leonora mia, soccorrimi, pietà del mio penar! Je naquis dans un cachot ; ce fut le désert qui m'éleva ; et je ne vis que parce que l'on ignore ma royale origine.

Mes parents avaient rêvé d'un trône et ce fut la hache qui les réveilla! Hélas, quand donc mes malheurs prendront-ils fin? O, toi qui vers le sein des anges, éternellement pure, t'es envolée, belle, à jamais délivrée des malheurs terrestres, n'oublie pas de tourner ton regard vers moi qui, misérable, sans nom et sans patrie, haï par le destin, ne cherche et n'aspire, malheureux que je suis, qu'à rencontrer la mort.

Ma Leonora, viens-moi en aide, aie pitié de ma souffrance. Accorre al luogo onde si udivano le grida; si sente un picchiare di spade; alcuni ufficiali attraversano la scena fuggendo in disordine da destra a sinistra. Don Alvaro ritorna con Don Carlo. Il court vers l'endroit où l'on entend crier: Alvaro revient avec Carlo.

Con ordini del general sol ieri giunsi; senza voi morto sarei. Or dite a chi debbo la vita? Je ne suis arrivé que d'hier, apportant les ordres du général ; sans vous je serais mort. Dites-moi donc à qui je dois la vie? Si stringono le destre. Uniti in vita e in morte entrambi troverà. Si odono voci interne e squilli di trombe. Et l'on nous trouvera unis dans la vie comme dans la mort. On entend des cris et le son d'une trompette. Scena seconda Una casa presso Velletri È il mattino.

Salotto nell'abitazione d'un ufficiale superiore dell'esercito spagnolo in Italia. Si sente il rumore della vicina battaglia. Un chirurgo militare ed alcuni soldati entrano dalla porta comune e corrono alla finestra. L'aiutante li raccozza, alla carica li guida! Già fuggon i nemici. I nostri han vinto!

Deuxième scène Une maison près de Velletri C'est le matin. Petite salle dans la demeure d'un officier supérieur de l'armée espagnole. On entend la rumeur de la bataille, tout près. Un chirurgien militaire et plusieurs ordonnances entrent pour aller regarder par la fenêtre. Il les mène à l'assaut! Les nôtres ont vaincu! Don Alvaro ferito e svenuto è portato in una lettiga da quattro Granatieri. Da un lato è il chirurgo, dall'altro Don Carlo coperto di polvere ed assai afflitto.

Un soldato depone una valigia sopra un tavolino. Premio l'Ordine vi sarà di Calatrava. Quatre grenadiers amènent sur une civière Alvaro blessé et évanoui. Don Carlo, couvert de poudre et fort affligé, se tient d'un côté.

Un soldat dépose une valise sur une petite table. Vous recevrez en récompense l'Ordre de Calatrava. Il chirurgo si ritira. Don Alvaro accenna a Don Carlo di appressarsegli. Le nom de Calatrava le fait frémir! Le chirurgien se retire Alvaro fait signe à Carlo de s'approcher. Colà v'ha un mistero, che meco morrà.

Il chirurgo e le ordinanze trasportano il ferito nella stanza da letto. A lui palese n'è forse il disonor? S'ei fosse il seduttore? Desso in mia mano, e vive! Questa chiave il dica. Apre convulso la valigia, e ne trae un plico suggellato.

E la fé che giurai? Je le confie à votre honneur. Il renferme un mystère qui mourra avec moi. Si je meurs, brûlez-le Le chirurgien et les ordonnances emportent le blessé dans la chambre à coucher.

Lui, si intrépide, si valeureux, il mourra donc! Le nom de Calatrava l'a fait trembler! Peut-être lui a-t-on révélé notre déshonneur? Si c'était le séducteur? Il est entre mes mains Si je me trompais! Que cette clef me le dise!

Il ouvre fébrilement la valise et en sort un pli cacheté. Et la parole donnée E questa vita che debbo al suo valor? Niun qui mi vede. Getta il plico, e se ne allontana con raccapriccio. Un giuro è sacro per l'uom d'onore; que' fogli serbino il lor mistero E s'altra prova rinvenir potessi?

Torna a frugare nella valigia. Qui v'ha un ritratto Don Alvaro è il ferito! Ora egli viva, e di mia man poi muoia! Il chirurgo appare alla porta. Oh gioia immensa che m'innondi il cor, ti sento! Et ma vie que je dois à son courage? Mais, moi aussi, je l'ai sauvé! S'il était cet Indien maudit qui a souillé mon sang? Personne ne me voit ici Si, moi, je me vois. Il jette le pli. Toi qui renfermes mon destin, va, éloigne-toi, tu me tentes en vain ; je viens ici pour laver mon honneur, et je ne vais pas, insensé, le souiller par une nouvelle honte.

A l'homme d'honneur, sa parole est sacrée ; que ces feuillets gardent leur mystère Que s'évanouisse la mauvaise pensée qui me poussait à commettre cette action indigne. Et si je pouvais trouver une autre preuve? Il retourne fouiller dans la valise.

Il n'est pas cacheté Le blessé est Don Alvaro! Le chirurgien paraît à la porte. Parte in gran fretta. Je vais enfin pouvoir me venger sur cet infâme de sa trahison. Leonora, où te caches-tu?

Dis, as-tu suivi au milieu des armées celui qui fit rougir ton visage du sang de ton propre père? Ah, je serai au comble de la félicité si mon épée pouvait du même coup vous vouer tous les deux à l'enfer! Scena terza Accampamento militare presso Velletri Sul davanti a sinistra è una bottega da rigattiere; a destra altra, ove si vendon cibi, bevande, frutta. All'ingiro tende militari, baracche di rivenduglioli, ecc. È notte, la scena è deserta. Una pattuglia entra cautamente in scena, esplorando il campo.

CORO Compagni, sostiamo, il campo esploriamo; non s'ode rumor. Non brilla un chiarore; in sonno profondo sepolto ognun sta. Compagni inoltriamo, il campo esploriamo, fra poco la sveglia suonare s'udrà.. Troisième scène Un campement militaire près de Velletri Au premier plan, à gauche, une boutique de fripier; à droite, une autre boutique ou l'on vend des vivres, des buissons, des fruits. Tout autour, des tentes militaires, des baraques de revendeurs, etc. Il fait nuit et la scène est vide.

Une patrouille entre avec précaution, explorant le camp. Avançons, compagnons, explorons le camp ; on entendra bientôt sonner le réveil. Si fa lentamente giorno. Entra Don Alvaro assorto nei suoi pensieri. Pace ed oblio indarno io chieggo al cielo. Il commence à faire jour. Don Alvaro entre, distrait. Mon âme est brisée par sa cruelle lutte.

Je demande en vain au ciel la paix et l'oubli. Vous, qui m'avez prodigué des soins si attentifs? Messaggio non v'inviava Don Alvaro, l'Indiano?

Il segreto fu dunque violato? Don Carlo di Vargas, tremate, io sono. Vous n'avez donc pas eu de nouvelles de Don Alvaro l'indien! Vous avez donc violé mon secret? L'un de nous doit mourir à l'instant. Ne guardano entrambi e dal paradiso ch'io sono innocente vi dicono al core. La suora ospitavala antica parente: Ella vive, gran Dio! Hélas, je découvris que Leonora était morte.

Elle vit, grand Dieu! Ella vive, ma in breve morirà. Grand Dieu, cet ange Elle vit, mais elle mourra bientôt. Je vous jure que par ma noble origine, je suis votre égal, et que mon blason resplendit comme le jour étincelant. Entre nous s'ouvre une tombe ensanglantée ; comment pourrai-je appeler mon frère celui qui m'a tout ravi? Que vous soyez de sang noble ou vil, il faut que je vous tue, et après vous, l'indigne qui a trahi sa race. Sguainano le spade e si battono furiosamente.

Accorre la pattuglia del campo per separarli. La sua vita o la mia - tosto. CORO Lunge di qua si tragga. Si je ne tombe pas inanimé, je rejoindrai Leonora. La patrouille arrive en toute hâte du camp et les sépare. C'est sa vie ou la mienne Pietoso Iddio, tu ispira, illumina il mio pensier. Al chiostro, all'eremo, ai santi altari l'oblio, la pace chiegga il guerrier. Ad uno ad uno escono tutti. Spunta il sole - il rullo dei tamburi e lo squillo delle trombe danno il segnale della sveglia.

La scena va animandosi poco a poco. Soldati spagnoli ed italiani di tutte le armi sortono dalle tende ripulendo schioppi, spade, uniformi, ecc. Vivandiere che vendono liquori, frutta, pane, ecc. Preziosilla dall'alto d'una baracca predica la buona ventura. CORO Lorché pifferi e tamburi par che assordino la terra, siam felici, ch'è la guerra gioia e vita al militar.

Dieu miséricordieux, inspire-moi, illumine mon esprit. C'est au cloître, à l'ermitage, aux saints autels que le guerrier demande l'oubli et la paix.

Tout le monde s'éloigne peu à peu. Le roulement des tambours et le fracas des trompettes sonnent le réveil. La scène s'anime peu à peu. Des soldats, espagnols et italiens, de tous les régiments, sortent des tentes, fourbissant leurs fusils, leurs épées, leurs uniformes etc. Des vivandières vendent des liqueurs, des fruits, du pain, etc. Preziosilla, juchée dans une des baraques, dit la bonne aventure. Une vie gaie, aventureuse, ou demain et hier importent peu, ch'ama tutti i suoi pensieri sol nell'oggi concentrar.

Le vivandiere offrono loro da bere. L'attenzione è attirata da Trabuco rivendugliolo, che dalla bottega a sinistra viene con una cassetta al collo portante vari oggetti di meschino valore. En avant, en avant, en avant. Les vivandières eux donnent à boire. L'attention générale est attirée par Trabuco, devenu revendeur, et qui sort de la boutique de gauche, avec autour du cou une boîte qui contient divers objets sans grande valeur. Forbici, spille, sapon perfetto! Io vendo e compero qualunque oggetto, concludo a pronti qualunque affar.

Se vuoi la vendo. TUTTI mostrando anelli, orologi, ecc. Je vends et j'achète tous les objets, je conclus rapidement toutes mes affaires. Si tu veux je te la vends. TOUS lui montrant des bagues, des montres, etc. TOUS C'est comme ta figure, brigand. Je donne, pour chaque objet, trente sous.

TOUS C'est un prix de voleur. C'intenderemo, qualch'altro soldo v'aggiungeremo. Si avvia verso un'altro lato del campo. Detti e contadini questuanti con ragazzi a mano. Tetti e campi devastati n'ha la guerra, ed affamati cerchiam pane per pietà. Alcune reclute piangenti che giungono scortate. Nous nous entendrons, je rajouterai encore quelques sous TOUS A condition que tu sortes immédiatement du bon argent sonnant et trébuchant TOUS lui donnant les objets Prends.

TOUS le repoussant Prends, oui, oui, mais va-t-en. Il se dirige d'un autre côté du camp. Entrent des paysans, mendiants, tenant des enfants par la main. Une escorte amène de jeunes recrues qui pleurent. Della beltà n'han rapiti all'incanto, a' nostre case vogliamo tornar. Certo il diavolo non siamo; quelle lagrime tergete, al passato, ben vedete, ora è inutile pensar.

Bei figliuoli, siete pazzi? Se piangete quai ragazzi vi farete corbellar. Un'occhiata a voi d'intorno, e scommetto che indovino; ci sarà più d'un visino che sapravvi consolar. Su, coraggio, coraggio, coraggio! On nous a arraché aux joies de nos belles ; nous voulons rentrer chez nous. Nous ne sommes pas des diables, voyons ; séchez ces larmes, vous voyez bien qu'il est inutile de penser au passé. Êtes-vous fous, mes jolis Si vous pleurez comme des enfants, on se moquera de vous.

TOUS En temps de guerre, c'est la folie qui doit égayer le camp ; viva, viva la pazzia che qui sola ha da regnar! Le vivandiere prendono francamente le reclute pel braccio, e s'incomincia vivacissima danza generale. Ben presto la confusione e lo schiamazzo giungono al colmo. Entra Fra Melitone che, preso nel vortice della danza, è per un momento costretto a ballare colle vivandiere.

Finalmente, riuscito a fermarsi, Melitone esclama: Venni di Spagna a medicar ferite, ed alme a mendicar. Ben più faccenda le bottiglie vi dan che le battaglie!

E invece di vestir cenere e sacco, qui si tresca con Venere e con Bacco? Il mondo è fatto una casa di pianto; ogni convento ora è covo del vento! Tutto va, tutto va a soqquadro. Pro peccata vestra, pei vostri peccati. Les vivandières prennent carrément les recrues par le bras et tout le monde commence à danser joyeusement. La confusion et le tumulte atteignent vite leur comble.

Melitone entre ; il est pris un instant dans le tourbillon des danseurs et obligé de danser avec les vivandières, mais il parvient finalement à s'arrêter et s'écrie: Par tous les diables! Et me voici ici, moi aussi!

Je suis venu d'Espagne pour guérir les blessés et pour régir les âmes. Est-ce là un camp de chrétiens ou bien êtes-vous tous turcs? A-t-on jamais vu bafouer ainsi le saint dimanche? Vous vous occupez davantage de bouteilles que de batailles et au lieu de revêtir la bure et les cendres, vous vous souciez de boire et de vendre!

Le monde est devenu un séjour de pleurs ; chaque couvent est désormais ouvert au vent! Les sanctuaires sont devenus des repaires d'hommes sanguinaires ; et jusqu'aux tabernacles du Christ Roi. Tout est sens dessus dessous A cause de vos péchés. Tutti, tutti cloaca di peccati. E finché il mondo puzzi di tal pece, non isperi la terra alcuna pace. Cercano di picchiarlo, ma scappa, seguitando a predicare. Far guerra ad un cappuccio!

Sia il tamburo sua difesa. Tous, tous, un grand cloaque de péchés. Et tant que le monde sera empesté par tous vos péchés. Il ne faut pas espérer de paix chez les hommes. Ils cherchent à le battre, mais il s'échappe, toujours en déclamant. Faite la guerre à un capuchon!

Que le tambour le défende! Prende a caso un tamburo e imitata da qualche tamburino lo suona. I soldati accorrono tosto a circondarla seguiti da tutta la turba. Rataplan, rataplan or le schiere son guidate raccolte a pugnar!

Rataplan, rataplan, le bandiere del nemico si veggon piegar! Rataplan, rataplan, la vittoria più rifulge de' figli al valor! Rataplan, rataplan, la vittoria al guerriero conquista ogni cor. Elle prend un tambour au hasard et fait entendre quelques roulements. Les soldats viennent aussitôt l'entourer, suivis par toute la foule.

Rantanplan, rantanplan, de la victoire ce bruit est le signal précurseur!

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